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mardi 9 mai 2017

Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1918-1945). Une histoire transnationale

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1918-1945) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire  
2017

Présentation de l'éditeur
Pour qui entreprend une histoire transnationale des avant-gardes picturales au XX1eSUP. siècle, la période que couvre ce deuxième tome, de 1918 à 1945, est la plus périlleuse. Car l’auteur doit se colleter avec le grand récit dicté par les avant-gardes elles-mêmes.
Tout commence-t-il avec Dada? Dès 1910 s’observait la remise en cause symbolique de Paris par les nouvelles générations dans de nouveaux centres : Berlin, Munich, Londres, Bruxelles, Cologne, Moscou, New York. Dada, certes né dans les charniers de la guerre, fut plus encore issu de l’histoire de la modernité artistique et littéraire depuis les années 1850.
Les avant-gardes furent-elles idéologiquement progressistes? Les acteurs ne cessèrent de négocier entre les logiques révolutionnaires, leurs ambitions nationales et celle de continuer tant bien que mal à se faire connaître sur la scène internationale.
Loin que Paris fût la capitale unique, d’une ville à l’autre, et en particulier à Berlin, Prague, Budapest, Vienne, Moscou, mais aussi à Amsterdam, Bucarest, Zagreb, Barcelone et jusqu’à São Paulo, Mexico et au Japon, apparurent régulièrement de nouveaux groupes décidés à se faire une place dans le courant du modernisme.
En revanche, l’entre-deux-guerres fut une période de marchandisation aboutie de l’innovation artistique. Dans les pratiques et les débats des avant-gardes, une problématique était récurrente : quelle place faire au marché, surtout en cas de succès? 
 

jeudi 27 avril 2017

Michela Passini, L'oeil et l'archive. Une histoire de l'histoire de l'art


 
Michela Passini
L'oeil et l'archive
Une histoire de l'histoire de l'art 
La Découverte 
Écritures de l'Histoire 
2017  

Présentation de l'éditeur
Heinrich Wölfflin, Alois Riegl, Aby Warburg, Henri Focillon, Erwin Panofsky, Roberto Longhi, Linda Nochlin, Michael Baxandall et bien d’autres… Autant de noms qui, de la fin du XIXe à la fin du XXe siècle, ont participé à la construction de l’histoire de l’art. Les notions, méthodes, savoirs et savoir-faire qu’ils ont élaborés ont fabriqué le rapport réflexif que nous continuons aujourd’hui d’entretenir avec le plus omniprésent des matériaux symboliques de nos sociétés : l’image.
Cet ouvrage, à la fois érudit et très accessible, offre un panorama de tout premier plan pour quiconque voudrait se familiariser avec les grandes figures et les grands concepts de la théorie visuelle, en même temps qu’une synthèse pionnière montrant comment l’histoire de l’art s’est constituée en discipline, avec ses institutions propres, ses plateformes d’échange (revues, congrès, expositions, etc.) et ses dispositifs de contrôle de la production scientifique.
Il montre aussi comment, tout au long du XXe siècle, cette histoire fut celle de l’affrontement entre deux conceptions rivales quant à leurs objectifs et leurs enjeux. Selon la première, l’œuvre d’art, pour être comprise, se suffit à elle-même et suffit à son interprète, dont la fonction consiste en une analyse avant tout visuelle ; pour la seconde, elle est un objet culturel complexe, dont il s’agit de reconstituer les dimensions sociales, politiques et intellectuelles.
Avec ce livre aussi documenté qu’ambitieux, Michela Passini propose, pour la première fois en français, une histoire transnationale de l’histoire de l’art. Une somme indispensable pour comprendre les origines de notre rapport présent aux œuvres d’art. 
Chercheuse au CNRS, Michela Passini travaille sur l'histoire de l'histoire de l'art, l'histoire des musées et du patrimoine. Elle est notamment l'auteure de La Fabrique de l'art national. Le nationalisme et les origines de l'histoire de l'art, France et Allemagne 1870-1933 (MSH, 2012).
  

mercredi 1 février 2017

écouter: Julie Verlaine, Daniel Templon, une histoire d’art contemporain


écouter: Julie Verlaine, Daniel Templon, une histoire d’art contemporain
Vous m'en direz des nouvelles ! Par Jean-François Cadet, 20.10.2016

Julie Verlaine
Daniel Templon
Une histoire d’art contemporain
Flammarion
2016

Présentation de l'éditeur
Daniel Templon ouvre sa galerie en en avril 1966, au moment où New York et l'art américain font une entrée fracassante dans le milieu de l'art français. En même temps qu'il se pose en défenseur de ces artistes d'avant-garde et des peintres émergents français, il participe à la réinvention du métier de marchand : il devient leur galeriste. Le programme de sa galerie reflète les profondes mutations de l'art contemporain, mais aussi de ses acteurs-artistes, critiques, marchands et collectionneurs au cours des cinquante dernières années.
Cette enquête historique replace dans son contexte artistique, économique et politique, l'itinéraire d'un marchand d'art français emblématique de sa génération, plongé au coeur de la création artistique et témoin privilégié des transformations du monde de l'art. L'essai de Julie Verlaine est enrichi par les propos de Daniel Templon qui relate ses rencontres avec les plus grands artistes contemporains (Donald Judd et Carl Andre, Andy Warhol et Roy Lichtenstein, Frank Stella et Ellsworth Kelly, Helmut Newton, Jean-Michel Basquiat, Arman, Ben, Daniel Buren, César, Gérard Garouste, Jean-Michel Alberola...) et qui décrit les coulisses de la scène artistique française.
Julie Verlaine est maîtresse de conférences en histoire culturelle contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches portent sur le marché de l'art et les circulations artistiques.  


mercredi 25 janvier 2017

Vincent Laisney, En lisant en écoutant. Lectures en petit comité, de Hugo à Mallarmé

Vincent Laisney
En lisant en écoutant 
Lectures en petit comité, de Hugo à Mallarmé
Les Impressions Nouvelles
Réflexions faites 
2017


Présentation de l'éditeur
Cet ouvrage s’intéresse à un phénomène capital, quoique méconnu, de l’histoire littéraire du XIXe siècle : la lecture à haute voix en petit comité. De Lamartine à Gide en passant par Stendhal, Hugo, Flaubert, Rimbaud et Mallarmé, tous les écrivains ont essayé leurs œuvres devant un petit parterre d’amis et de confrères. Maillon oublié de la chaîne du livre, cette phase test est une étape importante, voire déterminante, dans le processus de création littéraire. Un tableau de Théo van Rysselberghe intitulé Une Lecture (1903) forme le point de départ de l’enquête.
Pourquoi lit-on ? Que lit-on? Pour qui lit-on ? L’auteur s’efforce de répondre à toutes ces questions en puisant dans une documentation variée (correspondances, journaux intimes, souvenirs littéraires, articles périodiques, etc.).
Érudit, l’ouvrage n’a pourtant rien d’académique. Il se présente sous la forme de 80 petits chapitres qui sont autant de pièces du puzzle de la lecture. Une fois n’est pas coutume, l’auteur raconte son enquête en même temps qu’il la mène. Chapitre après chapitre, le lecteur partage ses tâtonnements, ses découvertes, ses échecs – sa satisfaction enfin, quand le phénomène de la lecture littéraire en petit comité est redevenu visible.
Vincent Laisney, agrégé de lettres modernes et docteur ès lettres, est maître de conférences et directeur adjoint du département de langues étrangères appliquées à l’Université de Paris-Ouest – Nanterre-La Défense. Spécialiste du romantisme français et des sociabilités littéraires du XIXe siècle, il est l’auteur de nombreux articles et de trois ouvrages : L’Arsenal romantique. Le salon de Charles Nodier, 1824-1834 (Honoré Champion, 2002) ; Le Miroir et le chemin (en tant que coordinateur, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2006) ; L’Âge des cénacles. Confraternités littéraires et artistiques aux XIXe siècle (en collaboration avec A. Glinoer, Fayard, 2013).





jeudi 22 septembre 2016

Paula Barreiro-Lopez, Avant-garde Art and Criticism in Francoist Spain

 
Paula Barreiro-Lopez
Avant-garde Art and Criticism in Francoist Spain
Liverpool University Pres
2016

Présentation de l'éditeur
This groundbreaking book surveys the shifts in the aesthetic discourse and artistic practises that decisively influenced the shaping of the avant-garde during Franco’s dictatorship (1939-1975). On the basis of extensive, so far unpublished, archival material, it discusses the intellectual and cultural field as an important battlefield for fighting the regime from within. The study opens with a comprehensive historical overview on the cultural world from the end of the Spanish Civil War throughout Francoism and reveals for the first time the broader intellectual and cultural context of vanguard art considering the special relations and negotiation processes between artist, critics and institutions during a major gap in the historiography of post-war Spanish culture: the late Franco dictatorship (1959-1975). It then analyses in depth the important role that a group of art critics played as theoreticians and peers in key artistic movements from the 1950s onwards. Using their extensive international networks in the midst of the Cold War period, they decisively influenced the aesthetic and cultural debates of their time and very concretely helped shaping a completely new discourse for the avant-garde in Spain. This book discusses the creation of this new discourse that linked culture and ethics/politics and analyses its impact on the intellectual and artistic landscape (visual, print and exhibition culture) during the last decades of Franco’s regime. It is indebted to a cultural historic approach that takes high culture, popular culture, politics as well as the history of ideas in account studying the reciprocal transfer processes within these fields and across European and American geographies. This study and its interdisciplinary approach will be of interest to scholars in art history, visual, cultural and museum studies of modern Spain in particular and Europe in general.
Paula Barreiro López is Lecturer in Art History at the University of Barcelona.

 

 

jeudi 31 mars 2016

écouter: Jean-Pierre Bertrand, Inventer en littérature. Du poème en prose à l'écriture automatique


écouter: Jean-Pierre Bertrand, Inventer en littérature. Du poème en prose à l'écriture automatique  
La suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 05.03.2016

Jean-Pierre Bertrand
Inventer en littérature
Du poème en prose à l'écriture automatique  
Seuil
Poétique
2015 

Présentation de l'éditeur
Peut-on inventer en littérature ? Et qu’invente-t-on précisément ? Si ces questions, posées en regard de ce qui s'est produit à la même époque dans les sciences ou les techniques, ne cessent d’être désavouées dans leur pertinence par les inventeurs eux-mêmes, probablement au nom d'une conception magique ou sacrée du littéraire, elles participent néanmoins d'une esthétique nouvelle qui se met en place au XIXe siècle. En effet, une théorie et une pratique de l'invention littéraire ? et pas simplement de l’inventivité ? apparaissent bel et bien, qui dépassent les dogmes anciens de l'imitation et de l'imagination comme principes organisateurs de la production artistique. Comme dans les sciences naturelles et les arts et métiers, on se met à inventer en littérature et à penser l'invention. On invente ainsi des cadres nouveaux ? genres, formes ou techniques ? qui se réclament d'un certain « progrès » de l’activité littéraire. En nous faisant assister à la naissance du poème en prose, du vers libre, du monologue intérieur, du calligramme et de l'écriture automatique, le présent essai cherche à comprendre les raisons pour lesquelles ces inventions deviennent les emblèmes des mouvements littéraires de la fin du romantisme à la naissance du surréalisme, mais également ce qui les relie et les sépare.

Jean-Pierre Bertrand, spécialiste de l'histoire des formes littéraires au XIXe siècle, enseigne la littérature des XIXe et XXe siècles et la sociologie de la littérature à l'université de Liège. Il a notamment publié, en collaboration, Les Poètes de la modernité. De Baudelaire à Apollinaire (« Points essais », 2006) et Les 100 mots du surréalisme (« Que sais-je ? », 2014).
 

mardi 5 janvier 2016

Béatrice Joyeux-Prunel, Les avant-gardes artistiques (1848-1918). Une histoire transnationale

Béatrice Joyeux-Prunel
Les avant-gardes artistiques (1848-1918) 
Une histoire transnationale
Gallimard
Folio histoire
2016
 
Présentation de l'éditeur
Une histoire globale des avant-gardes picturales se doit d’expliquer pourquoi celles-ci apparurent en certains endroits et pas en d’autres, comment elles circulaient entre les pays et les capitales, ce qui les portait et si elles rompaient réellement avec leur temps, sachant que la plupart finirent par connaître une véritable canonisation.
Les avant-gardes lièrent leur sort au développement des journaux et des revues, c’est-à-dire à celui des techniques d’impression et de reproduction en série. Elles profitèrent également d’un vaste mouvement de circulation des idées, des hommes et des objets avec le développement des réseaux ferrés et des transports maritimes.
Dans le même temps se forgeaient les identités nationales, férues de tradition et de préservation des cultures. L’approche géopolitique met au jour ce processus par lequel les plasticiens novateurs recoururent à la référence étrangère pour s’opposer aux institutions nationales, travaillèrent à internationaliser leurs réputations pour mieux s’imposer contre le refus de l’innovation porté par le nationalisme, ou, au contraire, se laisser récupérer par des partis nationalistes et révolutionnaires.
Mais à côté des stratégies, réseaux et marchés, place est faite à l’analyse du contexte culturel et moral, économique et politique, matériel et social, affectif et spirituel des artistes des avant-gardes à partir de 1848. Jusqu’à la rupture de 1920, quand ces avant-gardes deviennent politiques, plaçant l’avenir de l’art dans celui de la Révolution. 
L'auteure, historienne, enseigne l'art dans l'histoire à l'Ecole normale supérieure (Paris).
 

mercredi 16 septembre 2015

Entretien avec Jonathan Sterne à propos de son Histoire de la modernité sonore


Entretien avec Jonathan Sterne à propos de son Histoire de la modernité sonore.
Notes de passage, Le magazine en ligne de la Philharmonie de Paris
Jonathan Sterne
Une histoire de la modernité sonore 
La Découverte
Culture sonore
2015

Présentation de l'éditeur
« Il vous faut un casque audio » : ce slogan publicitaire du début du XXe siècle n’a rien perdu de son actualité. S’isoler dans un monde de sons, prêter attention aux détails acoustiques, rechercher la haute fidélité sonore, communiquer à distance et construire un réseau social… ces pratiques s’enracinent dans un ensemble de transformations intervenues au tournant du XIXe alors que gramophone, stéthoscope, téléphone et autres dispositifs d’écoute deviennent les protagonistes d’une histoire passionnante, celle de notre culture sonore.
Jonathan Sterne s’intéresse aussi bien aux anthropologues collectant des chants indigènes qu’aux auditeurs occidentaux surpris par les voix des morts. Son ambition est de rendre compte de l’importance de l’histoire du son dans tous les aspects de la « modernité » : l’évolution des sciences, la mutation de la médecine, la popularisation des techniques et des médias, l’essor concomitant du capitalisme et du colonialisme, les nouvelles formes de pouvoir collectif et entrepreneurial. Une histoire de la modernité sonore propose une alternative au récit dominant selon lequel la culture occidentale, en devenant moderne, serait passée d’une culture de l’audition à une culture de la vision. Livre fondateur des sound studies, il est d’ores et déjà considéré comme une référence dans ce domaine émergent.   
Jonathan Sterne enseigne l'histoire culturelle des théories de la communication à l'université Mc Gill (Montréal). Il est également l'auteur de MP3, the Meaning of a Format (Duke University Press) et The Sound Studies Reader (Routledge).

mardi 28 juillet 2015

écouter: Svetlana Alpers, à propos de son ouvrage Tuilages


écouter: Svetlana Alpers, à propos de son ouvrage Tuilages
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 27.06.2015

Svetlana Alpers
Tuilages 
Traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat
Editions de la revue Conférence
2015

Présentation de l'éditeur
Svetlana Alpers est l’auteur d’une bonne dizaine de livres d’histoire de l’art traduits dans le monde entier, qui l’ont imposée sur la scène internationale par la nouveauté et l’audace d’une démarche alors peu courante dans le domaine de l’histoire de l’art, mêlant étude matérielle, esthétique et iconographie.
Tuilages est un livre unique dans l’histoire de l’histoire de l’art : échappant aux règles de la discipline, ce n’est ni un livre de Mémoires ni un récit, mais un genre d’autoportrait en mouvement démultiplié, librement inspiré d’auteurs chers à l’écrivain, sur le thème du regard sur autrui et sur soi comme manière d’être au monde.
D’abord historienne, Svetlana Alpers a le goût des « fenêtres sur les toits » qui ouvrent des perspectives inattendues et réécrivent les vies qu’on a cru vivre. Dès lors, on ne s’étonnera pas que ce soient les hasards de la vie qui servent de déclic aux méditations en zigzags. Fille du prix Nobel d’économie Wassily Leontief et de la poétesse Estelle Marks, elle cultive les effets d’optique pour livrer un autoportrait en creux qui en dit plus long sur les autres que sur soi. L’ouvrage est en même temps un tombeau à la mémoire d’un autre historien d’art — Michael Baxandall —, sans doute l’un des plus grands depuis Panofsky. Dans la déclinaison savoureuse des regards sur le monde (les choses, les tableaux, les livres, la cuisine, les rues, d’un continent à l’autre), les allusions au regard sur l’absent et au regard de l’absent peuvent se lire comme la justification de toute une vie consacrée au regard « à distance ». À ce titre, Tuilages est le livre d’une vie et restera l’un des documents les plus singuliers sur la construction du regard et sa psychologie.

lundi 1 juin 2015

Roger Chartier, La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur. XVIe-XVIIIe siècle

Roger Chartier
La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur
XVIe-XVIIIe siècle
Gallimard
Folio histoire
2015

Présentation de l'éditeur
Tout comme l'histoire, la littérature est attachée à la résurrection des morts. Souffle inspiré de l'épopée, minutie narrative et descriptive du roman historique, ou bien réincarnation des acteurs de l'histoire sur la scène du théâtre – certaines œuvres de fiction donnent au passé une présence souvent plus forte que celle proposée par les livres des historiens.
Mais Roger Chartier nous met en garde : lorsqu'il les lit, l'historien ne doit jamais oublier l'historicité de ces œuvres et leur mode de circulation. Si le XVIIIe siècle fonde la littérature sur l'individualisation de l'écriture, l'originalité des œuvres et le sacre de l'écrivain, il n'en allait pas du tout de même auparavant : fréquence de l'écriture en collaboration, réemploi d'histoires déjà racontées, lieux communs partagés, formules répétées, ou encore, continuelles révisions et continuations de textes jamais clos.
C'est dans ce paradigme de l'écriture de fiction que Shakespeare a composé ses pièces et que Cervantès a écrit Don Quichotte, à une époque de faible reconnaissance de l'écrivain comme tel : ses manuscrits ne méritaient pas conservation, ses œuvres n'étaient pas sa propriété et ses livres, dans leur matérialité (ponctuation, divisions internes, paragraphes, etc. qui en fixaient le sens), étaient d'abord l'œuvre des correcteurs, des typographes et de l'imprimeur. Lecteur des textes littéraires, l'historien se doit plus que jamais de savoir faire la part entre la main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur.
Roger Chartier est professeur au Collège de France, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur invité à l'Université de Pennsylvanie. Ses recherches portent sur l'histoire des textes, des livres et des lectures dans l'Europe de la première modernité, entre XVIe' et XVIIIe siècles. En ces dernières années, ses études ont privilégié les migrations de certaines oeuvres entre langues, genres et publics.

lundi 18 mai 2015

Christophe Charle, La dérégulation culturelle. Essai d'histoire des cultures en Europe au XIXe siècle

Christophe Charle
La dérégulation culturelle
Essai d'histoire des cultures en Europe au XIXe siècle
PUF
2015

Présentation de l'éditeur
Le XIXe siècle fut le moment d’affirmation et de construction d’une véritable Europe des cultures où romans, opéras, pièces, musiques, idées nouvelles ont circulé comme jamais auparavant. La dérégulation culturelle fonde cette dynamique contradictoire où se rencontrent les forces du marché, les aspirations à la liberté créatrice, les volontés d’émancipation par l’accès aux pratiques culturelles, l’émulation entre anciennes et jeunes nations.
Christophe Charle propose ici une relecture originale des cultures nées dans une Europe qui exporte dans le monde entier livres, musiques, opéras, œuvres d’art, modes de vie et innovations techniques. Les frontières politiques et religieuses s’ouvrent, les censures s’atténuent, les héritages académiques laissent enfin place aux innovations et aux transgressions entre les genres, les arts, les pratiques et les publics. Synthèse de très nombreux travaux dans plusieurs langues et d’enquêtes originales issues de trois décennies de recherches personnelles et collectives de l’auteur, ce livre restitue la modernité sociale et symbolique d’un moment capital de notre patrimoine culturel.
Christophe Charle est professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, spécialiste d’histoire sociale et culturelle comparée de l’Europe. Il a écrit ou dirigé une trentaine d’ouvrages, dont Discordance des temps, une brève histoire de la modernité (A. Colin, 2011), Histoire des universités (avec J. Verger, Puf, 2012) et Homo historicus (A. Colin, 2013).

lundi 11 mai 2015

Laurent Denave, Les terres fertiles de la création musicale. Les conditions sociales de possibilité d’une œuvre musicale, de Bach à Boulez

Laurent Denave
Les terres fertiles de la création musicale
Les conditions sociales de possibilité d’une œuvre musicale, de Bach à Boulez
Aedam Musicae
2015

Extraits

Présentation de l'éditeur
Comment Mozart est-il devenu Mozart ? Autrement dit, comment a-t-il été en mesure de produire l’œuvre que l’on sait ? Mélomanes et musicologues l’expliquent souvent en évoquant le « génie » du compositeur. Loin de se satisfaire de cette réponse, l'auteur se propose de déterminer les conditions sociales de possibilité d’une œuvre ayant marqué l’histoire de la musique.
Écrire de la musique savante nécessite d’acquérir des compétences spécifiques (comme la maîtrise de l’écriture musicale) et des dispositions particulières (goût de la solitude, confiance en soi, créativité, etc.). Produire une œuvre originale requiert également l'emploi d'une disposition musicale critique, c'est-à-dire la capacité de remettre en cause les règles de la tradition musicale de son temps. Or, le développement et la mise en œuvre de ces dispositions et compétences sont étroitement liés à des conditions historiques précises qu'il s'agit de mettre au jour. Analyse qui permettra d'ailleurs de comprendre le faible nombre de compositrices célèbres.
Fondé sur une riche documentation, cet ouvrage apporte un éclairage singulier sur l’histoire de la musique et ses figures les plus éminentes, parmi lesquelles Bach, Mozart et Beethoven.
Laurent Denave est docteur en sociologie (EHESS) et diplômé en musicologie (Paris-IV Sorbonne). Il est l’auteur d’Un siècle de création musicale aux États-Unis. Histoire sociale des productions les plus originales du monde musical américain, de Charles Ives au minimalisme (Contrechamps, 2012).

mardi 5 mai 2015

Jann Pasler, La République, la musique et le citoyen (1871-1914)


Jann Pasler
La République, la musique et le citoyen(1871-1914)
Traduit de l'anglais
par Johan-Frédérik Hel Guedj
Gallimard
2015

Présentation de l'éditeur
Cette étude, fruit d'une vie de travail dans les archives, s'attache à un sujet profondément original : la dimension musicale de l'identité française et républicaine. Jann Pasler fait remonter cette culture politique qui lie étroitement musique et utilité publique aux fêtes révolutionnaires, mais c'est sur le moment fort des débuts de la IIIe République qu'elle se concentre.
Après la défaite de 1871 devant la Prusse, la France confie à la musique comme à l'histoire le soin d'inspirer la fierté nationale et de projeter un avenir partagé. Dans les divertissements populaires (chorales, harmonies, orphéons, sociétés de musique) comme chez les élites (avec notamment l'essor du modernisme), les pratiques musicales sont censées exprimer les différences et aider à les surmonter.
Pour les Français, la musique revêt une importance à la fois personnelle et sociale. Elle n'enregistre pas seulement souvenirs et traditions, elle contribue à l'être-ensemble. En mettant l'accent sur les tensions fécondes qui se nouent entre esthétique et politique, Jann Pasler apporte une contribution aussi vivante que savante au rôle de la musique en démocratie et au sens qu'elle prend dans la vie de la nation. 
Jann Pasler est professeur de musicologie à l'université de Californie (San Diego). Spécialiste de la musique française, elle partage son temps entre les Etats-Unis et la France. 
 

mercredi 29 avril 2015

Daniel Grojnowski et Denys Riout, Les Arts incohérents et le rire dans les arts plastiques

Daniel Grojnowski
Denys Riout
Les Arts incohérents et le rire dans les arts plastiques
Corti
2015

Présentation de l'éditeur
Dans les années 1880, les expositions impressionnistes mettent à mal le système académique, toujours dominant. Alors que Paris tente d’oublier les plaies de la guerre et de la Commune, un groupe de jeunes gens organise  une exposition d’amusements en tous genres réalisés par « des personnes qui ne savent pas dessiner ».
Sous le titre d’« Arts incohérents », une série de manifestations égaient la capitale durant une dizaine d’années. Elles seront par la suite oubliées et la plupart des réalisations ont disparu. Par exception, sont demeurées les œuvres « monochroïdales » imaginées par A. Allais qui expose en 1883 une Première communion de jeunes filles par un temps de neige : un simple bristol  blanc.
De la moquerie à l’instauration d’une conception nouvelle de l’œuvre plastique, des Incohérents à Yves Klein en passant par Picasso, Marcel Duchamp, Francis Picabia et tant d’autres (groupes et individus), l’ouvrage  rend compte d’une révolution silencieuse : une transformation radicale de la production artistique  dont nous sommes aujourd’hui les héritiers.

lundi 27 avril 2015

Dario Gamboni, La destruction de l’art. Iconoclasme et vandalisme depuis la Révolution française

Dario Gamboni
La destruction de l’art
Iconoclasme et vandalisme depuis la Révolution française 
Presses du réel
2015

Présentation de l'éditeur
Traduit de l'anglais par Estelle Beauseigneur (titre original : The Destruction of Art – Iconoclasm and Vandalism since the French Revolution, Reaktion Books, 1997).
La Destruction de l'art est le premier livre à examiner de façon systématique l'iconoclasme et le vandalisme au cours de la période contemporaine. Cette ambition est née de la chute des « monuments communistes » à partir de 1989, qui a démontré que, même en Europe, l'iconoclasme n'appartenait pas au passé. L'étude propose une vue d'ensemble, au plan international, des attaques portées contre des œuvres d'art et des biens culturels, et recherche ce qu'elles ont en commun et ce qui les différencie, en s'appuyant sur les données empiriques et les apports de plusieurs disciplines, dont la sociologie, la psychologie et la criminologie. À l'aide d'études de cas permettant de saisir la complexité des situations et la multiplicité des acteurs, l'enquête aborde aussi bien les destructions dues à des autorités et aux propriétaires des œuvres que le « vandalisme embellisseur » des architectes et urbanistes et que les agressions, anonymes ou revendiquées, ayant lieu dans l'espace public et à l'intérieur des musées. Attentive aux enjeux que représentent les explications, justifications et interprétations de ces actes, elle examine les changements apportés à l'iconoclasme par le « culte du patrimoine » et la condamnation politique et morale du « vandalisme », ainsi que le rôle croissant des moyens de communication et leur développement technique. Une attention particulière est apportée aux rapports paradoxaux liant l'évolution de l'art moderne à l'iconoclasme, des appels avant-gardistes à faire « table rase » de la tradition aux rejets d'œuvres contemporaines dont on prétend les avoir prises pour des déchets. L'ouvrage interroge les liens existant entre cette histoire récente et les grands épisodes iconoclastes anciens, de la « querelle des images » byzantine à la Réforme et à la Révolution, et traite du rôle renouvelé de la religion.
Devenu un classique depuis sa publication en anglais en 1997, traduit en allemand et en espagnol, La Destruction de l'art paraît avec une bibliographie mise à jour et une préface inédite. À l'heure où l'iconoclasme artistique prospère et où les attaques contre le patrimoine culturel sont des armes politiques de première importance, il peut aider à en comprendre la généalogie et la logique.
Professeur d'histoire de l'art à l'Université de Genève, Dario Gamboni (né en 1954 à Yverdon, Suisse) est l'auteur de très nombreuses études sur l'art du XIXe au XXIe siècle, entre autres La Plume et le pinceau – Odilon Redon et la littérature (Les Editions de Minuit, 1989), Paul Gauguin au « centre mystérieux de la pensée » (Les presses du réel, 2013), La destruction de l'art – Iconoclasme et vandalisme depuis la Révolution française (Les presses du réel, 2015) et Images potentielles – Ambiguïté et indétermination en art moderne (à paraître). Il a collaboré à plusieurs expositions, dont Iconoclash: Beyond the Image Wars in Science, Religion, and Art (ZKM, Karlsruhe, 2002), Une image peut en cacher une autre – Arcimboldo – Dalí – Raetz (Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 2009) et Damage Control: Art and Destruction since 1950 (Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, 2013).
 
 

vendredi 27 février 2015

Julie Bawin, L'artiste commissaire. Entre posture critique, jeu créatif et valeur ajoutée



Julie Bawin
L'artiste commissaire
Entre posture critique, jeu créatif et valeur ajoutée

Archives contemporaines
2014

Présentation de l'éditeur
la figure de l’artiste commissaire s’est imposée au gré d’une histoire longue et complexe qui tient tant aux diverses stratégies déployées par les créateurs qu’aux transformations progressives du paysage institutionnel de l’art
En 1970, dans les réserves du Musée d’art de la Rhode Island School of Design à Providence, Andy Warhol prépare avec ses collaborateurs le troisième volet de l’exposition Raid the Icebox. Loin de son personnage de dandy aux cheveux platinés et au visage fardé, le pape du Pop art est montré dans un rôle que l’on connaît peu de lui et que pourtant bien des artistes après lui assumeront : celui de commissaire d’exposition.
Aujourd’hui, nous sommes habitués à ce que des plasticiens, des écrivains, des cinéastes, des stylistes, et même des joueurs de football, soient invités à mettre en scène des œuvres conservées dans un musée. Nous ne sommes pas davantage surpris de voir des artistes exposer leurs pairs, diriger des manifestations artistiques internationales, s’associer à des curateurs de profession ou, à l’inverse, être les commissaires de leurs propres expositions. L’artiste serait-il devenu un nouveau professionnel de l’art ou, comme l’aurait dit Marcel Broodthaers, un « administrateur culturel » ? À vrai dire, les choses sont plus complexes car cette figure de l’artiste commissaire, désormais si influente, reste profondément ancrée dans un système de valeurs et d’exigences qui, depuis la fin du XIXe siècle, oscille entre le compromis et la transgression, entre le souci d’être à la fois dans l’institution et hors d’elle.
La visée du présent ouvrage est précisément de montrer comment la figure de l’artiste commissaire s’est imposée au gré d’une histoire longue et complexe qui tient tant aux diverses stratégies déployées par les créateurs qu’aux transformations progressives du paysage institutionnel de l’art. Cette histoire était d’autant plus importante à écrire qu’elle ne révèle pas seulement une évolution du statut de l’artiste et du métier de commissaire, mais un phénomène plus large qui pose la question de l’exposition comme méta-œuvre et, plus encore, comme lieu et instrument de pouvoir.
Docteur en histoire de l’art contemporain, Julie Bawin enseigne à l’Université de Liège et à l’Université de Namur. Auteur de plusieurs publications sur le monde de la collection et des collectionneurs (La collection au temps du japonisme en 2007, L’œuvre-collection en 2009) elle a aussi signé de nombreux textes, dossiers et catalogues d’exposition sur la création plastique actuelle.


 
 

lundi 16 février 2015

Joseph Jurt, Sprache, Literatur und nationale Identität: Die Debatten über das Universelle und das Partikuläre in Frankreich und Deutschland

Joseph Jurt
Sprache, Literatur und nationale Identität
Die Debatten über das Universelle und das Partikuläre in Frankreich und Deutschland
De Gruyter
2014

Présentation de l'éditeur
German and French concepts of nation were often defined antithetically– through an idealized contrast between the “nation state” and the “cultural nation.” This study undertakes a political, linguistic, and literary historical reconstruction of the significance of language and literature in the construction of national identity since the early modern period, revealing that this process was far more complex than previously thought.
Joseph Jurt, Albert-Ludwigs-Universität Freiburg, Germany.


vendredi 16 janvier 2015

en ligne: Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°186-187 – Mars 2011 // Sociétés du spectacle

en ligne sur Cairn.info: 
Actes de la Recherche en Sciences Sociales, N°186-187 – Mars 2011 // Sociétés du spectacle
Seuil

Christophe Charle
Sociétés du spectacle

Carlotta Sorba
Le « mélodrame » du Risorgimento
Théâtralité et émotions dans la communication des patriotes italiens

Vincent Robert
Théâtre et révolution à la veille de 1848
Le Chevalier de Maison-Rouge

Jeanne Moisand
Entre tréteaux et barricades
Théâtre et mobilisation ouvrière à Barcelone, 1868-1909

Christophe Charle
Le carnaval du temps présent
Les revues d'actualités à Paris et à Bruxelles, 1852-1912

Bleuwenn Lechaux
Des contradictions du théâtre critique new-yorkais

Éric Darras Les causes du peuple
La gestion du cens social dans les émissions-forums

Hors thème

Afrânio Garcia Jr.
Les souvenirs d'un Européen : entre Le Brésil, terre d'avenir et Le Monde d'hier
Les derniers écrits de Stefan Zweig
Résumé Version HTML Version PDF

Lectures critiques

Premières lignes Version HTML Version PDF

mercredi 31 décembre 2014

Mallarmé et l'anglais récréatif. Le poète pédagogue, Bertrand Marchal et Marie-Pierre Pouly

Mallarmé et l'anglais récréatif
Le poète pédagogue
Bertrand Marchal et Marie-Pierre Pouly
Cohen & Cohen
2014

Présentation de l'éditeur
L'Anglais récréatif ou Boîte pour apprendre l'anglais en jouant et seul est la maquette d'une méthode d'apprentissage de la langue anglaise conçue, fabriquée et illustrée "Par un Professeur de l'Université", Stéphane Mallarmé. La Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, où il est conservé, a récemment restauré ce trésor. Composé de seize fiches, il permet de répondre à des questions posées à l'aide de tirettes que l'on actionne, de roues que l'on tourne pour sélectionner la bonne réponse.
Cet exceptionnel document présente une facette inédite du travail original et inventif du poète pédagogue. Il est présenté aujourd'hui pour la première fois dans son intégralité. Bertrand Marchal retrace dans cet ouvrage la pénible et chaotique carrière professorale de Stéphane Mallarmé, qui l'empêche de se consacrer pleinement à son art, plongeant ainsi le poète dans un océan de frustration. Marie-Pierre Pouly resitue L'Anglais récréatif dans le contexte d'une époque qui voit se réunir des domaines antérieurement disjoints : celui de la page animée et celui de la pédagogie récréative dans son lien avec les styles éducatifs.
L'artiste Geneviève Besse vient compléter ces études en rebondissant avec talent sur le travail de l'écrivain pour proposer douze panneaux peints en contrepoint de ces fiches.  
Bertrand Marchal, professeur à l'université de Paris-Sorbonne, a édité les Oeuvres complètes de Stéphane Mallarmé dans la Bibliothèque de la Pléiade. Marie-Pierre Pouly est maître de conférences en sociologie à l'université de Limoges et chercheuse au GRESCO. Agrégée d'anglais, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure de Cachan, elle a consacré une thèse de sociologie historique à la scolarisation et aux usages sociaux de l'anglais en France. Elle développe également des travaux de sociologie de la littérature.