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lundi 1 juin 2015

Roger Chartier, La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur. XVIe-XVIIIe siècle

Roger Chartier
La main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur
XVIe-XVIIIe siècle
Gallimard
Folio histoire
2015

Présentation de l'éditeur
Tout comme l'histoire, la littérature est attachée à la résurrection des morts. Souffle inspiré de l'épopée, minutie narrative et descriptive du roman historique, ou bien réincarnation des acteurs de l'histoire sur la scène du théâtre – certaines œuvres de fiction donnent au passé une présence souvent plus forte que celle proposée par les livres des historiens.
Mais Roger Chartier nous met en garde : lorsqu'il les lit, l'historien ne doit jamais oublier l'historicité de ces œuvres et leur mode de circulation. Si le XVIIIe siècle fonde la littérature sur l'individualisation de l'écriture, l'originalité des œuvres et le sacre de l'écrivain, il n'en allait pas du tout de même auparavant : fréquence de l'écriture en collaboration, réemploi d'histoires déjà racontées, lieux communs partagés, formules répétées, ou encore, continuelles révisions et continuations de textes jamais clos.
C'est dans ce paradigme de l'écriture de fiction que Shakespeare a composé ses pièces et que Cervantès a écrit Don Quichotte, à une époque de faible reconnaissance de l'écrivain comme tel : ses manuscrits ne méritaient pas conservation, ses œuvres n'étaient pas sa propriété et ses livres, dans leur matérialité (ponctuation, divisions internes, paragraphes, etc. qui en fixaient le sens), étaient d'abord l'œuvre des correcteurs, des typographes et de l'imprimeur. Lecteur des textes littéraires, l'historien se doit plus que jamais de savoir faire la part entre la main de l'auteur et l'esprit de l'imprimeur.
Roger Chartier est professeur au Collège de France, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur invité à l'Université de Pennsylvanie. Ses recherches portent sur l'histoire des textes, des livres et des lectures dans l'Europe de la première modernité, entre XVIe' et XVIIIe siècles. En ces dernières années, ses études ont privilégié les migrations de certaines oeuvres entre langues, genres et publics.

samedi 24 septembre 2011

François Bon, Après le livre + critique du livre par Roger Chartier

critique du livre par Roger Chartier, Le Monde, 22.09.11
François Bon
Après le livre
Seuil
2011

Présentation de l'éditeur
Nous vivons une des très rares mutations de l’écrit. Rares (la tablette, le rouleau, le codex, l’imprimerie), mais chaque fois irréversibles et globales.
Ce que change Internet, ce n’est pas le rapport au livre, c’est le rapport au monde. Le numérique affecte la façon dont on écrit aussi bien que celle dont on lit, nos bibliothèques comme la trace que nous laissons parmi les autres.
Il ne s’agit pas ici de prédire. Prendre le temps, au contraire, de considérer l’histoire récente de notre propre rapport à ces machines, comment nous nous en servons, ce qu’elles ouvrent de possibles. Prendre le temps de revenir à quelques oeuvres décisives, celles de Balzac ou de Rabelais en font partie, qui sont elles-mêmes l’empreinte d’une de ces transitions. Alors peut-être accepterons-nous de voir que s’offrent pour nos fables, nos récits, nos lettres, nos carnets privés, nos images aussi, d’autres vecteurs, une autre mémoire et de nouveaux modes de transmission.
Nous sommes déjà après le livre.



mardi 21 juin 2011

écouter: à propos de Timothy Brook, Le chapeau de Vermeer, Le XVIIe siècle à l'aube de la mondialisation

écouter: à propos de Timothy Brook, Le chapeau de Vermeer, Le XVIIe siècle à l'aube de la mondialisation, avec Jean-Michel Sallmann et Serge Gruzinski
Les Lundis de l'histoire par Roger Chartier
21.02.2011

Timothy Brook
Le chapeau de Vermeer
Le XVIIe siècle à l'aube de la mondialisation

Traduit de l'anglais par Odile Demange
Editions : Payot
2010

Présentation de l'éditeur
Le Chapeau de Vermeer est un livre brillant et singulier. Derrière ce titre mystérieux se cachent sept histoires passionnantes, sept voyages à travers le globe, que Timothy Brook déroule à partir de six tableaux de Vermeer et une faïence. Eminent sinologue s'offrant une incursion dans la Hollande de l'âge d'or, Brook nous convie en effet à une autre lecture des oeuvres de Vermeer. Non pas celle d'un historien d'art qui s'attacherait à l'usage de la lumière ou de la couleur, mais bien celle d'un historien qui focalise son attention sur un détail, un objet, une figure, autant de portes qu'il ouvre sur le vaste monde en mutation du XVIIe siècle, nous dévoilant l'ampleur des échanges culturels et commerciaux entre Est et Ouest, qui furent l'amorce de notre mondialisation actuelle. Ainsi, une simple jatte de fruits dans La Liseuse à la fenêtre (Dresde, Gemaldegalerie) nous entraîne sur les routes du commerce maritime de la fameuse porcelaine bleu et blanc en provenance de Chine, tandis qu'un somptueux chapeau de feutre dans L'Officier et la jeune fille riant (New York, Frick Collection) nous mène au Canada jusqu'aux fourrures de castor que Samuel Champlain soutire à ses alliés hurons.

Une fascinante et convaincante approche d'histoire culturelle, fondée sur une érudition sans failles, qui insiste avec un sens consommé du récit, sur les rapprochements et les interactions entre les différentes parties du globe.



Timothy Brook
Titulaire de la chaire d'histoire de la Chine à l'université d'Oxford et directeur du St. John's College à l'université de British Columbia, Timothy Brook est l'auteur de nombreux livres sur la dynastie des Ming, sa période de prédilection, et de deux essais sur l'écrasement de la révolte de Pékin et la collaboration des Chinois avec l'armée japonaise d'occupation. Le Chapeau de Vermeer, salué par la presse nord-américaine, est son premier livre traduit en français.