vendredi 25 mars 2011

José-Luis Diaz, L'homme et l'œuvre

José-Luis Diaz
L'homme et l'œuvre
PUF
2011

Présentation de l'éditeur

« Aller droit à l’auteur sous le masque du livre » : tel est le mot d’ordre de la critique beuvienne dans la première moitié du XIXe siècle, tandis que l’enseignement et l’édition commencent à imposer le syntagme « l’homme et l’œuvre ». Mais qu’en est-il avant ? et après ?
Conçu comme une contribution à l’histoire de la critique, cet ouvrage s’attache à suivre les diverses phases de l’interprétation biographique des œuvres littéraires : résistances d’abord à l’âge classique et au début des Lumières, puis montée en puissance par phases successives de la curiosité biographique tout au long du XVIIIe siècle. La critique biographique que fonde Sainte-Beuve s’inscrit, en le modifiant déjà, dans le paradigme biographique que le préromantisme a dessiné et qui s’impose à l’âge romantique. Sous le signe du paradoxe, la période suivante prône le culte de l’« impersonnalité » tout en consacrant le triomphe de la biographie dans l’édition et dans l’enseignement, à l’image des « écrivains critiques » ambigus quant au biographique : les Goncourt, Barbey d’Aurevilly, Zola. Entre Proust et Barthes, le livre s’achève sur une vision synoptique du XXe siècle : Contre Sainte-Beuve de Proust, succession de diverses « morts de l’auteur » (Valéry, Blanchot, Barthes), puis, à partir des années 1970, retour de l’auteur par la petite porte des biographèmes, annonciateur de la mode des biofictions…


Table des matières

Commencements

Chapitre premier. — De Xénophon à VoltaireEntrée en scène des « Vies »
À l’âge du « moi haïssable »
Premiers signes d’intérêt

Chapitre II. — Les philosophes contre la biographieRésistances philosophiques
Contre l’« auctoritas »
La vie entre parenthèses

Chapitre III. — L’âge des « minuties »Évolution des genres
Les ana, suite et fin
Minuties, particularités, petites choses
Un premier enquêteur biographique
Un désir de « Mémoires »
Par la porte des détails

Chapitre IV. — Au temps des éloges académiquesManières d’écrire la Vie des grands hommes
L’éloge, genre roi
Pour ou contre la statuaire oratoire
La conformité vie/œuvre
Stéréotypie des biographèmes
La vertu mieux que le génie
Vignettes mémorables
La mort du sage

Chapitre V. — Une nouvelle curiosité biographiqueÀ la recherche de l’« intérieur »
L’éloge répudié
Promotion de la « vie privée »
Le « personnel » de l’écrivain
« Traiter l’auteur comme son livre »
Biographie et autobiographie
Commencements du « biographisme »
Les malheurs de l’énergie

Chapitre VI. — « Un siècle de biographies »Une « corrélation intime » entre la vie et l’œuvre
« No poem is equal to its poet »
Des prêt-à-vivre stéréotypés
Où la passion conduit à la manufacture
Un débat contradictoire
L’antibiographisme à l’âge romantique
Les romantiques contre la biographie
Sous les feux de la satire
Comment écrire la vie du poète ?
Une faim de biographies
La biographie est difficile

Chapitre VII. — Quatre systèmes biographiquesLa biographie érudite
Les doctrinaires face à la biographie
L’idéal de la biographie romantique
Et Sainte-Beuve ?

Chapitre VIII. — Sainte-Beuve à la recherche de « l’homme »L’âme de la critique
L’entrée en biographie
« Aller droit à l’auteur sous le masque du livre »
L’homme avant le rôle
Synopsis biographiques
L’art de la biographie
Biographe en second
Le portrait mieux que la biographie
Naturaliste des esprits

Chapitre IX. — Situation du biographique à la fin du XIXe siècle« Impassibles » et « impersonnalistes »
Du côté des réalistes
Rémanences du paradigme biographique
La machine biographique
Le sacre des « hommes de rien »
Persistance et mutations de la critique biographique
Sainte-Beuve comme balise
Critiques de la raison biographique
Changement de cadastre

Chapitre X. — De Proust à BarthesRésistances du biographique
L’antibiographisme à vol d’oiseau
Le social contre l’individuel
Proust contre Sainte-Beuve ?
Du côté de la poétique
Absence d’auteur, absence d’œuvre
Barthes, le pluriel du « texte » et le retour des « biographèmes »

Note bibliographique
Index des noms

José-Luis Diaz est professeur de littérature française à l’Université Paris 7-Diderot. Il a notamment publié L’Écrivain imaginaire. Scénographies auctoriales à l’époque romantique en France (Champion, 2007) et Devenir Balzac : l’invention de l’écrivain par lui-même (Pirot, 2007).

jeudi 17 mars 2011

E. E. Cummings, Font 5


E. E. Cummings
Font 5
Traduction et postface de Jacques Demarcq
Collection Now
Éditions Nous
2011

puisque sentir est premier
qui prête la moindre attention
à la syntaxe des choses
ne t’embrassera jamais entière;

tout entier être un idiot
quand le printemps est de ce monde

mon sang approuve,
et les baisers sont un meilleur sort
que la sagesse
ma dame je le jure sur toutes les fleurs.   Ne pleure pas
—le plus beau geste de mon cerveau ne vaut
ce battement de tes paupières qui dit

nous sommes l’un à l’autre:alors
ris donc,à la renverse dans mes bras
car la vie n’est pas un paragraphe

Et la mort je pense n’est pas une parenthèse

E. E. Cummings
(1894-1962), son cinquième livre,
le plus parisien, d’une vitalité infatigable,
toutes griffes et caresses dehors.

Agnès TRICOIRE, Petit traité de la liberté de création

Agnès TRICOIRE
Petit traité de la liberté de création
La Découverte
2011

Présentation de l'éditeur
La liberté de création n’est prévue dans aucun texte de loi, aucun instrument juridique ne l’a pensée. La liberté d’expression est bien consacrée depuis plus de deux siè-cles par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, mais on ne trouve pas la moindre référence aux œuvres, ou à l’art, dans cette déclaration. Or les œuvres font débat. Et ce débat se déroule de plus en plus devant les tribunaux, la loi se montrant sans cesse plus contraignante et répressive. Qui doit juger les œuvres et selon quels critères ? De l’élu qui décide d’interdire telle exposition à la commission de classification des films qui applique des critères ouvertement subjectifs, la littérature, les arts plastiques, la chanson, le cinéma sont désormais passés au prisme des opinions de chacun, religieuses, morales, politiques.
L’art doit-il être soumis à des impératifs aussi variés et étrangers à sa sphère ? Comment définir la liberté de création ? Y a-t-il des limites acceptables, comme la vie privée ou le droit à l’image ? Comment répondre aux demandes de censure lorsqu’on est un élu ? Que se passe-t-il aux États-Unis, souvent cités en exemple ? C’est à toutes ces questions qu’entend répondre ce livre, en alimentant la réflexion juridique par d’autres disciplines (philosophie, narratologie, sociologie) et en prenant appui sur de nombreux exemples - de Michel Houellebecq à Philippe Besson, en passant par Larry Clark, François-Marie Banier, le groupe de rap Sexion d’Assaut et bien d’autres...
Plaidant pour que le public reste libre d’entrer en contact avec les œuvres sans que l’on pense à sa place, Agnès Tricoire dessine ainsi les contours d’une liberté de créa-tion qui s’enracine dans la liberté d’expression mais s’en distingue, parce que l’art n’est pas simplement du discours.

 Agnès Tricoire est avocate au barreau de Paris, spécialiste en propriété intellectuelle et déléguée à l'Observatoire de la liberté de création.

mercredi 9 mars 2011

en ligne: Etre historien de l’art aujourd’hui Being an art historian today, Colloque international organisé par l’association THES-ARTS

Etre historien de l’art aujourd’hui
Being an art historian today
Colloque international organisé par l’association THES-ARTS
 Les 18 et 19 juin 2010 à l'INHA, Paris



PUBLICATION DES ACTES DU COLLOQUE


colloque



Vendredi après-midi / Friday afternoonTraditions et dépassements / Traditions and overtaking Président de séance-chairman : Jean-Baptiste Minnaert,
Université François Rabelais, Tours


Anastasia Simoniello : Fondatrice et Présidente de THES-ARTS
Discours d’ouverture
Marta Anton : Universitat Pompeu Fabra, Barcelona
Denationalizing our history of art : critical perspectives on the Practice of Art History today
Nizza Santiago : Université Paris-Sorbonne, Paris IV
Nouveaux horizons historiographiques autour de l’architecture latino-américaine post-indépendante


Maria Soledad Garcia : Université Paris VIII - Vincennes Saint-Denis et Université Nationale de Colombie
Constellation critique sur les histoires de l'art latino-américain (1970-2000). Réflexion sur l'image, l'histoire et l'écriture


Katia Schneller : Université Rennes II – Haute Bretagne
Déconstruire les catégories artistiques, un retour sur le travail de l’historien de l’art
Jens Toft : Institut for Kunst- og Kulturvidenskab, Copenhagen
Recréer Poussin d'après la nature, L'œuvre d'art comme expérience épistémique
Beatrice Joyeux-Prunel : Ecole Normale Supérieure, Paris
L’approche quantitative de l'histoire de l'art

Ouverture des débatsPierre Vaisse: Université de Genève
Réflexions sur les rapports entre l’histoire de l’art et l’art contemporain



Samedi matin / Saturday morning
Nouvelles formes artistiques – Nouvelles théories des formes /
New art forms – New art forms’ theories
Présidente de séance-chairwoman : Valérie Da Costa, Université de Strasbourg

David Raskin: School of the Art Institute, Chicago
Facts and Values in Contemporary Art
Sabine Gebhardt Fink: Institute for Cultural Studies in the Arts, Zürich - Zürich University of the Arts
The Ornament of Repetition: On Theories of Performativity and their Impacts on Theorizing Contemporary Art


Christina Vatsella: Université Paris-Sorbonne, Paris IV
L’histoire de l’art face à la vidéo. Défis et contradictions


Victor Burgin : University of California, Santa Cruz - Goldsmiths College, London
Log line and monologue: narrative form in an uncinematic practice


Bettina Bauerfeind: Université Paris-Sorbonne, Paris IV
Nouvelles œuvres, nouveaux outils d'étude : le cas de la création in situ



Samedi après-midi / Saturday afternoon
L’histoire de l’art comme art appliqué / Art History as applied art
Président de séance-chairman : Hervé Fischer

Judith Souriau : Université Paris I, Panthéon Sorbonne
L’histoire des expositions : une nouvelle histoire de l'art?
Catherine Grenier : Centre Pompidou Paris
Big Bang au musée d’art moderne
Tristan Trémeau : Ecole supérieure d'art de Quimper - Académie royale des beaux-arts de Bruxelles - Université Paris I, Panthéon Sorbonne
La critique d'art, pratique critique de l'histoire de l'art ?

Hervé Fischer : Montréal
L’avenir de l’art


samedi 5 mars 2011

Nouvelle revue d'esthétique 6 / 2010, Éthiques d'artistes

  Présentation de l'éditeur

L'interrogation sur les relations de l'artiste et de l'éthique au début du XXIe siècle est rendue nécessaire par certains devenirs contemporains de l'art. D'abord, bien sûr, par les artistes qui touchent à l'éthique par le biais de la transgression : du Piss Christ de Serrano à Plateforme de Houellebecq, en passant par Lego Concentration Camp Set de Zbigniew
Libera, ou par les vidéos d'animaux matraqués à mort d'Adel Abdessemed. Mais aussi par ceux qui entendent mettre leur art au service de buts éthiques : Joseph Beuys, Wodiczko et son Projet de véhicules pour personne sans abri, travaux de Mathieu Pernot sur l'univers pénitentiaire, Mots de Paris de Jochen Gerz, art relationnel de Raoul Marek (La salle du monde), etc. Dans les deux cas, les questions de la légitimité, de l'effectivité et de l'efficacité de cette mise en relation se posent.

Ce numéro de la NRE aborde ces questions par l'angle des artistes, de leurs intentions et de leurs réalisations. Comment pensent-ils et ont-ils pensé leur rapport à l'éthique ? L'art et l'éthique constituent-ils des champs indépendants dont les valeurs ne se rencontrent pas ?
Y a-t-il, comme l'écrit Diderot « une morale propre aux artistes ou à l'art, (qui) (…) pourrait bien être au rebours de la morale usuelle » ?

Table des matières

Carole Talon-Hugon, Présentation

Études

 Gisèle Sapiro, Aux origines de la modernité littéraire : la dissociation du Beau, du Vrai et du Bien
Dominique Chateau, L’éthique dans le contexte de la dé-définition de l’art
Alessandro Giovannelli, Pour une critique éthique des moyens de production des œuvres
Paul Ardenne, L’avenir éthique de l’art
Ruwen Ogien, De la réprobation morale à la répression pénale
Nathalie Heinich, Éthique et art contemporain
Sophie Djigo, Robert Musil et la conception utopique de l’esthétique
Patrick Marcolini, Les situationnistes et le dépassement de la morale
Ronald Shusterman, Olafur Eliasson et la métaéthique de l’art
Jérôme Meizoz, Éthique du récit testimonial, Annie Ernaux
Claude Thérien, La pratique valéryenne du savoir pouvoir faire
Maryvonne Saison, Le théâtre et le souci du commun

Varia 
Jerrold Levinson, Plaisanteries immorales
H. Maibom et J. Harold, Sans goût : l’art et le psychopathe
Anne Sauvagnargues, L’éthique de l’ornement… Riegl et Worringer
Jérôme Glicenstein
, La rhétorique au musée

Vu, lu, entendu 
Charlène Dinhut, Suspended Spaces #1, depuis Famagusta
Ondine Bréaud-Holland, Philosophie de la scène
Maud Hagelstein, Survivance des lucioles
Maud Hagelstein, Why Photography Matters as Art as Never Before
Valérie Glansdorff, Mimésis, Approches actuelles
Gilda Bouchat, Penser l’art, Histoire de l’art et esthétique