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vendredi 2 septembre 2016

Jérôme Meizoz, La Littérature en «personne». Scène médiatique et formes d'incarnation

Jérôme Meizoz
La Littérature en «personne» 
Scène médiatique et formes d'incarnation
Slaktine
2016

Présentation de l'éditeur
Que se passe-t-il quand les écrivains (et les artistes en général) sont appelés à se produire «en personne » devant un public ? Quel est l’impact sur le champ littéraire de la tendance à une spectacularité généralisée, à l’ère médiatique moderne ? Quel impact ces formes d’incarnation des auteurs ont-elles sur la lecture ? Comment, dans un tel dispositif, redéfinir la complexité de la notion d’« auteur » ? Enfin, quel enjeu y a-t-il à envisager la littérature comme une activité, plutôt que comme un corpus inerte de « textes » ? À travers des figures aussi diverses qu’Arthur Cravan, Henri Calet, L.-F. Céline, Michel Houellebecq, Annie Ernaux, Gaston Cherpillod, Richard Millet, Jean d’Ormesson, Jean-Philippe Toussaint, Noëlle Revaz, Edouard Louis, Jean-Pierre Rochat ainsi que celles de slameurs contemporains, cet essai examine l’activité littéraire et son dispositif complexe, l’exposition médiatique des auteurs et leur statut de «marque » éditoriale.
Jérôme Meizoz, né en Valais en 1967, vit à Lausanne. Il est professeur associé de littérature française à l’UNIL où il co-dirige la Formation doctorale interdisciplinaire. Lauréat du Prix de l’Académie suisse des sciences humaines (ASSH) en 2005, il est l’auteur de nombreuses études : L’Âge du roman parlant 1919-1939 (2001, préface de Pierre Bourdieu), Le Gueux philosophe. Jean-Jacques Rousseau (2003), L’Œil sociologue et la littérature (2004), Postures littéraires. Mises en scène modernes de l’auteur (2007) et La Fabrique des singularités (2011). Ses textes polémiques ont été réunis dans Confrontations (2005) et dans Saintes colères (2014). Le récit Morts ou vif, a reçu la mention « Livre de la Fondation Schiller 2000 » avant Les Désemparés (2005), Père et passe (2008), Séismes (2013), Temps mort (2014, préface d’Annie Ernaux) et Haut Val des loups (2015).


samedi 14 janvier 2012

entretiens: Jérôme Meizoz autour de son livre La Fabrique des singularités : Postures littéraires II.

 


écouter: Jérôme Meizoz à propos des Lettres au pendu et de La Fabrique des singularités
Entre les lignes, 24 mai 2011

Jérôme Meizoz entretien avec le journaliste Christian Ciocca (RSR). Lectures et soirées littéraires de la MLG
Jérôme Meizoz présente La Fabrique des singularités et Fantômes, un recueil de nouvelles illustrées par le peintre Zivo (Éditions d'en bas, 2010), 17 mai 2011, à l'Espace Rousseau, soirée littéraire organisée par la Maison de la Littérature à Genève (MLG)

samedi 5 mars 2011

Nouvelle revue d'esthétique 6 / 2010, Éthiques d'artistes

  Présentation de l'éditeur

L'interrogation sur les relations de l'artiste et de l'éthique au début du XXIe siècle est rendue nécessaire par certains devenirs contemporains de l'art. D'abord, bien sûr, par les artistes qui touchent à l'éthique par le biais de la transgression : du Piss Christ de Serrano à Plateforme de Houellebecq, en passant par Lego Concentration Camp Set de Zbigniew
Libera, ou par les vidéos d'animaux matraqués à mort d'Adel Abdessemed. Mais aussi par ceux qui entendent mettre leur art au service de buts éthiques : Joseph Beuys, Wodiczko et son Projet de véhicules pour personne sans abri, travaux de Mathieu Pernot sur l'univers pénitentiaire, Mots de Paris de Jochen Gerz, art relationnel de Raoul Marek (La salle du monde), etc. Dans les deux cas, les questions de la légitimité, de l'effectivité et de l'efficacité de cette mise en relation se posent.

Ce numéro de la NRE aborde ces questions par l'angle des artistes, de leurs intentions et de leurs réalisations. Comment pensent-ils et ont-ils pensé leur rapport à l'éthique ? L'art et l'éthique constituent-ils des champs indépendants dont les valeurs ne se rencontrent pas ?
Y a-t-il, comme l'écrit Diderot « une morale propre aux artistes ou à l'art, (qui) (…) pourrait bien être au rebours de la morale usuelle » ?

Table des matières

Carole Talon-Hugon, Présentation

Études

 Gisèle Sapiro, Aux origines de la modernité littéraire : la dissociation du Beau, du Vrai et du Bien
Dominique Chateau, L’éthique dans le contexte de la dé-définition de l’art
Alessandro Giovannelli, Pour une critique éthique des moyens de production des œuvres
Paul Ardenne, L’avenir éthique de l’art
Ruwen Ogien, De la réprobation morale à la répression pénale
Nathalie Heinich, Éthique et art contemporain
Sophie Djigo, Robert Musil et la conception utopique de l’esthétique
Patrick Marcolini, Les situationnistes et le dépassement de la morale
Ronald Shusterman, Olafur Eliasson et la métaéthique de l’art
Jérôme Meizoz, Éthique du récit testimonial, Annie Ernaux
Claude Thérien, La pratique valéryenne du savoir pouvoir faire
Maryvonne Saison, Le théâtre et le souci du commun

Varia 
Jerrold Levinson, Plaisanteries immorales
H. Maibom et J. Harold, Sans goût : l’art et le psychopathe
Anne Sauvagnargues, L’éthique de l’ornement… Riegl et Worringer
Jérôme Glicenstein
, La rhétorique au musée

Vu, lu, entendu 
Charlène Dinhut, Suspended Spaces #1, depuis Famagusta
Ondine Bréaud-Holland, Philosophie de la scène
Maud Hagelstein, Survivance des lucioles
Maud Hagelstein, Why Photography Matters as Art as Never Before
Valérie Glansdorff, Mimésis, Approches actuelles
Gilda Bouchat, Penser l’art, Histoire de l’art et esthétique

jeudi 22 octobre 2009

"Carrefours de la sociocritique", Texte, revue de critique et de théorie littéraire, n°45/46, 2009.




"Carrefours de la sociocritique"
Sous la direction d'Anthony Glinoer
Texte, revue de critique et de théorie littéraire, n°45/46, 2009.
ISBN : 978-0-920351-55-0

Présentation

Lire le social à travers le texte, lire le texte à travers le social. Telle est la double ambition de la sociocritique, telle est aussi l’ambivalence avec laquelle elle doit composer depuis ses débuts. Plutôt que de prendre une direction unique, ce dossier veut arpenter les carrefours de la sociocritique : il va à la rencontre entre critique interne et critique externe, se place à l’intersection de notions et de concepts fondateurs, suit des chemins théoriques qui ont croisé ceux de la sociocritique au cours des quarante dernières années : la poétique historique, l’ethnocritique, l’écologie du texte, la psychanalyse ou encore l’analyse du discours. Alors, une auberge espagnole, la sociocritique ? Plutôt un lieu de passage ou de rencontre que certains se contentent d’aborder, où d’autres s’attardent et que d’autres enfin investissent résolument tout en l’accommodant aux besoins de l’analyse littéraire.

Table des matières

Anthony Glinoer, « Introduction »
Edmond Cros, « Sociocritique et psychanalyse ― synthèse d’un parcours euristique »
Pierre V. Zima, « La sociologie du texte comme théorie de la littérature et métathéorie scientifique »
Marc Angenot, « Nouvelles propositions pour l’étude de l’argumentation dans la vie sociale »
Jacques Dubois, « Le roman sociologue »
Alain Vaillant, « De la sociocritique à la poétique historique »
Jean-Pierre Esquenazi, « Vers une sociologie du texte ? »
Ruth Amossy, « La “socialité” du texte littéraire : de la sociocritique à l’analyse du discours. L’exemple de L’Acacia de Claude Simon »
Rainier Grutman, « Le virage social dans les études sur la traduction : une rupture sur fond de continuité »
Anna Boschetti, « Présupposés et vertus de l’échange théorique transnational »
Jérôme Meizoz, « De la sociocritique à l’ethnocritique et au-delà : vers un carrefour de méthodes »
GREMLIN, « Sociocritique, médiations et interdisciplinarité »
Chantal Savoie, « Pour une sociopoétique historique des pratiques littéraires des femmes »
Anneliese Depoux, « L’espace trivial du littéraire à travers le prisme de la sociocritique »

http://www.texte.ca/

jeudi 28 juin 2007

PROPOSER LA PRÉSENCE DE «REPRÉSENTANTS» D'UN ARTISTE COLLECTIF CRITIQUE AU SEIN DES ORGANISMES INSTITUTIONNELS ET DES ORGANISMES DE RELAIS

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PROPOSER LA PRÉSENCE  DE «REPRÉSENTANTS» D'UN ARTISTE COLLECTIF CRITIQUE AU SEIN DES ORGANISMES INSTITUTIONNELS ET DES ORGANISMES DE RELAIS

Proposition initiée et mise en forme par Gilbert Quélennec, elle est mise en ligne dans une version de travail (brouillon écrit en Septembre 2004 avec l'aide extérieure de L. Grisel, J. Joy, P. Durand, J. Meizoz, P. Criton, A. Boschetti, I.C., un grand merci à elles et à eux pour leurs suggestions et leurs critiques) pour le proposer à la discussion .
Le point de départ de cette réflexion a été le constat de la progression de l'hétéronomie dans les arts et la relecture de certaines publications de Pierre Bourdieu (voir les nombreuses citations ci-dessous) 
version revue et corrigée le 11 novembre 2005

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(Au moment où l'exception culturelle est menacée d'une redoutable régression par la tyrannie de la logique commerciale <1>, il faudrait une mobilisation à l'échelle internationale associant les artistes, les chercheurs et les syndicats, travaillant à l'invention collective des conditions de l'autonomie du champ artistique -au sens large-, réintroduire les fonctions critiques, s'assurer la propriété de nos moyens de production-édition-diffusion, etc., pour lutter contre l'oppression néolibérale.)

PROPOSER LA PRÉSENCE DE «REPRÉSENTANTS» <2> D'UN ARTISTE COLLECTIF CRITIQUE AU SEIN DES ORGANISMES INSTITUTIONNELS (commissions d'attribution, etc.) ET DES ORGANISMES DE RELAIS (maisons d'éditions, etc. <3>)
.

L'idée que l' œuvre d'art «est le produit d'un travail collectif et historique, ne devrait désespérer ou décevoir que ceux qui sont désespérément attachés à la croyance dans l'unicité du «créateur» et de l'acte de création, vieille mythologie dont nous devons faire le deuil comme de tant d'autres, que la science a renvoyées au rebut».
<4>

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L'autonomie (relative) de l'art en réseau étant bien défendue, rien ne s'oppose à une mobilisation des différents acteurs du champ artistique pour proposer une redéfinition de l'aide publique à l'art, le contrôle de celle-ci par les artistes critiques (cultivant l'esprit rétif) et la mise en  œuvre de statuts juridiques spécifiques (Coopératives, etc.). Pour «balayer» ces organismes de la cour d'«artistes» <5> pratiquant le clientélisme, il faut que les artistes autonomes qui ne connaissent d'autre loi que celle de l'art sans autre fin que lui-même, inventent de nouvelles formes d'actions fondées sur une véritable mobilisation politique. La question posée, est celle des moyens visant à instaurer (collectivement) des contrôles réels dans ces différents organismes.

Pour que ces aides soient efficaces contre les pressions externes (économiques, médiatiques, politiques, religieuses, etc.), elles doivent aller aux artistes «les plus susceptibles de résister à ces pressions» <6> et à ceux d'entre eux qui en ont le plus besoin <7> (<8>). Un artiste ne saurait être vraiment critique <9> s'il n'est un artiste autonome. C'est au XIXème siècle que se construit l'autonomie (relative) du champ artistique, littéraire et musical <10>.

Qui serait juge de l'autonomie et comment ? L'artiste est celui dont les artistes disent que c'est un artiste (c'est forcément circulaire). «Le degré d'autonomie du champ peut se mesurer à l'importance de l'effet de retraduction ou de réfraction que sa logique spécifique impose aux influences ou aux commandes externes et à la transformation, voire la transfiguration, qu'il fait subir aux représentations religieuses ou politiques et aux contraintes des pouvoirs temporels».
 <11>


Qu'est-ce qui fait l'artiste ? «C'est l'univers artistique, ce n'est pas l'artiste lui-même» <12>. Les sciences sociales pourraient nous donner des armes dans nos luttes pour défendre les acquis de la recherche artistique contre l'intrusion des forces économiques et sociales <13> (C'est-à-dire sur la mobilisation de savants désintéressés <14>)


Il s'agit de tenir ensemble, d'un côté, l'exigence d'une conscience commune des producteurs culturels pour demander à l'État les moyens d'une plus grande autonomie à son égard (se servir de l'État contre l'État), et, de l'autre, le fait de devenir des entrepreneurs culturels <15> en s'occupant collectivement des moyens de production-édition-diffusion <16>.


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«Étant donné la situation qui se développe en Angleterre, qui est en voie de se développer en Allemagne et en France, il est très important d'avoir la propriété privée des moyens de production et de travailler collectivement à la propriété collective des moyens de diffusion <17>».



<1>. - «AGCS, Constitution européenne, mécénat d'État et mécénat privé, Censure dans les médias, etc». lire: Raoul Marc JENNAR, Europe, la trahison des élites, Fayard, 2004. Nicolas GUILHOT, Financiers philanthropes, Raisons d'agir, 2004. Pierre BOURDIEU et Hans HAACKE, Libre-échange, Seuil/Les presses du réel, 1994. Médias et censure, (Textes réunis par Pascal Durand), Éditions de l'université de Liège, 2004. Terry SHINN & Pascal RAGOUET, Controverses sur la science, Éditions Raisons d'Agir, 2005.

<2>. - Laurent GRISEL, mail.

<3>. - Jérôme JOY, mail.

<4>. - Pierre BOURDIEU, Penser l'art à l'école, Actes Sud, 2001, P. 54.

<5>. - «On voit apparaître le profil zélé de "créatifs" destinés aux services des biens et profits sociaux-politiques» Pascale Criton, "Les énonciations subjectives de l'art", Multitudes n°4, 2000.

<6>. - Pascal DURAND, mail.

<7>. - «... il faudrait que le premier tri -les dossiers soumis à subvention- soit anonyme, et le second soit fait selon les critères de l'autonomie». Jérôme MEIZOZ, mail.

<8>. - «La capacité de résistance aux pressions se confond avec l'autonomie d'un artiste, laquelle est elle-même fonction de l'autonomie globale dont son champ d'appartenance est doté. C'est par l'application en effet d'une accréditation symbolique par les autres artistes, qui n'est possible que si leur monde s'est constitué en univers autonome, qu'un artiste peut être reconnu comme artiste autonome, et par conséquent comme artiste à part entière, selon la définition spécifique formulée implicitement par le champ». Pascal DURAND, mail.

<9>. - «expérimental» Jérôme JOY, Labotext, http://jukebox.thing.net/labo.html.

<10>. - «L'entreprise de production culturelle étant essentiellement double, l'innovation culturelle n'est possible qu'au prix d'une innovation économique (que l'hagiographie refoule comme quelque chose de honteux)». P. BOURDIEU, "Bref impromptu sur Beethoven artiste entrepreneur", Sociétés et représentations, Artistes/Politiques, N°11, 2001, P. 16.

<11>. - P. BOURDIEU, Les règles de l'art, Seuil, Points essais, P. 360.

<12>. - P. BOURDIEU, Penser l'art à l'école, Actes sud, 2001, P. 50.

<13>. - «Le déterminant le plus menaçant pour un artiste n'est pas l'origine sociale mais l'académisme, et aujourd'hui la sociologie, sous la forme d'une science des oeuvres, offre le moyen de se débarrasser d'une vision scolastique de l'histoire de l'art et de passer d'une compréhension fétichiste à une compréhension rationnelle de la création artistique présente et passée.» Inès CHAMPEY, "L'Art et le sociologue", in Art et savoir, l'harmattan, 2004, P. 74.

<14>. - «...qui ne connaissent d'autre programme que celui qui se dégage de la logique de leur recherche et qui savent faire aux demandes "commerciales" le strict minimum de concessions indispensables pour s'assurer les crédits nécessaires à leur travail.» P. BOURDIEU, Science de la science et réflexivité, Raisons d'Agir, 2001, P. 6.

<15>. - «opérateurs artistiques» Jérôme JOY, mail.

<16>. - «...en adoptant une forme paradoxale d'invisibilité». Paul DEVAUTOUR, "Invisibilité de l'art en réseau", http://www.ciren.org/ciren/actualite/ -2004-

<17>. - Pierre BOURDIEU "Secouez un peu vos structures !",  Le Symbolique et le Social. La Réception internationale de la pensée de Pierre Bourdieu, Les Éditions de l'Université de Liège, 2005, P. 336.