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jeudi 7 novembre 2013

Pierre Bourdieu, Manet: Une révolution symbolique

Pierre Bourdieu
Manet: Une révolution symbolique
Cours au Collège de France (1998-2000) suivis d'un manuscrit inachevé de Pierre et Marie-Claire Bourdieu
Seuil-Raisons d'agir
2013

Présentation de l'éditeur
Comment s’opère une révolution symbolique et comment réussit-elle à s’imposer ? À travers le cas exemplaire d’Édouard Manet, c’est à cette question que s’est confronté Pierre Bourdieu dès les années 1980 et à laquelle il a consacré les dernières années de son enseignement au Collège de France. Ce deuxième volume des cours inédits du sociologue, accompagnés d’un livre resté inachevé, marque ainsi l’aboutissement d’une réflexion centrale dans son oeuvre.
Située en pleine crise de l’Académie, à un moment où la croissance du nombre des peintres remettait en cause la tutelle de l’État sur la définition de la valeur artistique, la rupture inaugurée par Manet a abouti à un bouleversement de l’ordre esthétique. La nouvelle vision du monde qu’elle a engendrée a imprimé sa marque jusqu’à nos jours. En abordant la genèse des tableaux de Manet comme une série de prises de position qui sont autant de défis lancés à l’académisme conservateur des peintres pompiers, au populisme des réalistes, à l’éclectisme commercial de la peinture de genre et même aux "impressionnistes", Bourdieu montre qu’une telle révolution est indissociable des conditions d’émergence des champs de production culturelle.
Loin de s’exclure, lectures "formaliste" et "réaliste" sont ici réunies pour appréhender la peinture de Manet dans sa totalité. Jamais, peut-être, elle n’avait été regardée ainsi…
Edition établie par Pascale Casanova, Patrick Champagne, Christophe Charle, Franck Poupeau et Marie-Christine Rivière 
Pierre Bourdieu (1930-2002) est une figure intellectuelle majeure et le sociologue contemporain le plus lu à travers le monde. La seconde partie de son oeuvre a été publiée à Raisons d’agir Éditions et au Seuil.


dimanche 8 septembre 2013

en ligne: Pierre Bourdieu, Littérature et para-littérature, légitimation et transferts de légitimation dans le champ littéraire: l'exemple de la science-fiction (entretien avec Y. Hernot)



Pierre Bourdieu, entretien avec Yann Hernot, Littérature et para-littérature, légitimation et transferts de légitimation dans le champ littéraire: l'exemple de la Science-Fiction, in Science-fiction, 5, octobre 1985, p.166-183



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voir également:

Publications de Pierre Bourdieu: Le champ littéraire et Le champ artistique




lundi 21 mai 2012

en ligne: COnTEXTES n° 11 | 2012, Le littéraire en régime journalistique


en ligne: COnTEXTES n° 11 | 2012, Le littéraire en régime journalistique
 
Sous la direction de Paul Aron et Vanessa Gemis

mardi 6 septembre 2011

en ligne: COnTEXTES n°9 | septembre 2011 Nouveaux regards sur l' illusio

COnTEXTES n°9 | septembre 2011
Nouveaux regards sur l' illusio

Sous la direction de Denis Saint-Amand et David Vrydaghs

vendredi 1 avril 2011

en ligne: Sociétés & Représentations n° 11, 2001/1, Artistes / Politiques

Sociétés & Représentations n° 11, 2001/1, Artistes / Politiques


I. Études : 1. Logiques professionnelles et positions politiques

Page 4 à 11
  Présentation

Page 13 à 18
Pierre Bourdieu,   Bref impromptu sur Beethoven, artiste entrepreneur

Page 19 à 53
Gisèle Sapiro,   De l'usage des catégories de « droite » et de « gauche » dans le champ littéraire

Page 55 à 75
Ioana Popa,   « L'impureté » consentie. Entre esthétique et politique : critiques littéraires à Radio Free Europe

Page 77 à 93
Annie Collovald et Erik Neveu,   Le « néo-polar ». Du gauchisme politique au gauchisme littéraire

Page 95 à 119
Yasmine Siblot,   La mémoire entravée. Une trajectoire de libraire et de communiste sous tension

Page 121 à 141
Anne Simonin,   Le droit a l'innocence. Le discours litteraire face a l'epuration (1944-1953)

Page 143 à 166
Éric Fassin,   Le double « je » de Christine Angot : sociologie du pacte littéraire

I. Études : 2. Ambiguïtés et incertitudes des politiques publiques

Page 167 à 204
Pierre-Michel Menger,   Art, politisation et action publique

Page 205 à 227
Gilles Malandain,   Quel théâtre pour la République ? Victor Hugo et ses pairs devant le conseil d'État en 1849

Page 229 à 261
Vincent Dubois,   Le ministère des arts (1881-1882) ou l'institutionnalisation manquée d'une politique artistique républicaine

Page 263 à 286
Christel Sniter,   La guerre des statues. La statuaire publique, un enjeu de violence symbolique : l'exemple des statues de Jeanne d'Arc à Paris entre 1870 et 1914

Page 287 à 310
Alice Blondel,   « Poser du Tricostéril sur la fracture sociale ». L'inscription des établissements de la décentralisation théâtrale dans des projets relevant de la politique de la ville

Page 311 à 323
  Ce que la sociologie fait à l'art contemporain

Page 325 à 348
Morgan Jouvenet,   Le style du commissaire. Aperçus sur la construction des expositions d'art contemporain

II. Dossier : 1. Pistes : La construction politique de l'identité esthétique

Page 349 à 378
Isabelle Coutant,   Les réalisateurs communistes à la télévision. L'engagement politique : ressource ou stigmate ?

Page 379 à 406
Benoît Lambert et Frédérique Matonti,   Un théâtre de contrebande. Quelques hypothèses sur Vitez et le communisme

Page 407 à 432
Olivier Roueff,   Bohème militante, radicalité musicale : un « air de famille ». La sensibilité des musiques improvisées au militantisme radical

Page 433 à 453
Martina Avanza,   Des artistes pour la Padanie. L'art identitaire de la Ligue du Nord

Page 455 à 478
Boris Gobille,   Être écrivain en mai-68. Quelques cas d'« écrivains d'aspiration »

II. Dossier : 2. Lectures

Page 479 à 495
  Lectures

II. Dossier : 3. Bibliographie

Page 497 à 514
  Bibliographie

III. Hors-cadre

Page 515 à 538
Muriel Darmon,   La socialisation, entre famille et école. Observation d'une classe de première année de maternelle
Résumé ]Version HTML ]Version PDF ]

jeudi 7 octobre 2010

videos-audio: Rencontre-débat COnTEXTES avec Jacques Dubois et Paul Dirkx

Le groupe de contact FNRS COnTEXTES organise des rencontres-débats avec des chercheurs qui ont un intérêt pour la sociologie de la littérature.









Jacques Dubois, “l’institution de la littérature”
Rencontre-débat du groupe COnTEXTES avec Jacques Dubois. Université de Liège, 13 décembre 2004.







videos:
Jacques Dubois 1/14
Jacques Dubois 2/14
Jacques Dubois 3/14
Jacques Dubois 4/14
Jacques Dubois 5/14
Jacques Dubois 6/14
Jacques Dubois 7/14
Jacques Dubois 8/14
Jacques Dubois 9/14
Jacques Dubois 10/14
Jacques Dubois 11/14
Jacques Dubois 12/14
Jacques Dubois 13/14
Jacques Dubois 14/14

















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video: Paul Dirkx, "Sur une sociologie de la presse littéraire : enjeux et méthodes"

Paul Dirkx (1/2)
Paul Dirkx (2/2)

Rencontre-débat du groupe COnTEXTES avec Paul Dirkx, 18 décembre 2006, à l’Université de Liège






Compte rendu de Dirkx (Paul), Les “Amis belges”. Presse littéraire et franco-universalisme par François Provenzano

Paul DIRKX Enseignant / Chercheur
Université Nancy 2

dimanche 31 janvier 2010

Carine Pessione, A quoi ça sert?

Carine Pessione
A quoi ça sert?
(Publié sur Arts et Monde Social avec l'aimable autorisation de l'auteure)

Paysages et « paysans » de Corse : un parcours de jeune photographe, ou comment jouer correctement à domicile ?....

Cet exposé s’appuie sur trois séries de photographies réalisées en Corse. Elles ont toutes étés prises dans un paysage local qui est à la fois le terrain d’une recherche et le lieu de vie d’une doctorante et d’une photographe. Ces images sont présentées dans le cadre de l’objectivation d’un parcours personnel et professionnel, une recherche qui s’appuie sur une approche communicationnelle empruntant à Pierre Bourdieu et à l’interactionnisme d’Erving Goffman et d’Howard Becker. Ce travail de recherche est pour l’instant en cours : il s’agira d’en exposer ici les principales lignes. A terme, une partie de cette recherche vise une description des compétences requises sur le terrain corse dans la pratique professionnelle de la photographie et à faire apparaître les contradictions qui en émanent.

Ayant grandi en Corse et appris à regarder et à travailler au milieu et à partir de ses paysages, le stock d’images constitué au fil du temps parcourt l’ensemble des paysages insulaires, ceux dit de l’intérieur et ceux du littoral. Le stock est constitué d’images numériques depuis 2005, date à laquelle l’entreprise photographique a été crée. Après la pratique d’une photographie dite de famille et d’amateur, il a fallu apprendre à photographier « correctement », c’est-à-dire à reproduire un cliché attendu, déjà vu, du paysage. Ces clichés sont destinés à la publicité touristique et sont les plus vendus. Ils forment une première série d’images et correspondent à la première étape du parcours professionnel. La deuxième série est constituée de photographies de repérages, cette activité étant apparue plus tardivement comme une alternative. Enfin, une troisième série interfère avec les précédentes : il s’agit cette fois d’une pratique informelle et personnelle qui parcourt un paysage vécu.

Devenir « pro » : un problème de technique ?....

Etant une photographe professionnelle « débutante » qui vit en Corse, il a bien fallu gagner de l’argent. Comment faire ? Cibler tout d’abord rapidement une clientèle potentielle dont les besoins de « visuels » permettrait de rentabiliser l’activité, c’est-à-dire tous les professionnels du tourisme, les hôtels, les résidences… et surtout les plus mal lotis en matière de visibilité.

Ensuite est venue la question de la qualité : Que leur proposer de mieux de ce qui se fait et/ou de ce qu’ils ont déjà ? Leur proposer à la fois la même chose et autre chose, une image conforme à ce qui se fait, mais aussi un « petit plus » qui serait significatif. Le démarchage téléphonique, postal et physique s’est fait en ce sens : il a fallu mettre au point une présentation correcte du travail photographique et donner à voir, à sentir, une complicité, une proximité des personnalités, c’est-à-dire mettre en avant le masque social et culturel local plutôt que le professionnel encore trop frais. Ces messages ne passent pas forcément par une communication verbale, mais également par la « présentation de soi » à travers l’habillement, l’élocution, toutes les informations données par les interlocuteurs, au sens où l’entend Erwin Goffman. C’est là une démarche simple et familière, d’autant plus que les structures qui n’avaient pas de supports de communication visuelle mettent d’elles-mêmes en valeur leur terrain sans faire appel à des décorateurs d’extérieurs : ces personnes se basent sur leur propre goût et un intérêt qu’elles trouvent dans leur « parcelle de maquis ». On peut noter toutefois une contradiction significative entre le temps « professionnel » et le temps local, plus élastique : installer un rapport de proximité se fait dans la durée, et mieux vaut ne pas trop vite rapporter ce « temps » à de « l’argent »…

En revanche, il a été plus difficile d’approcher les grandes et luxueuses structures qui, elles, « communiquaient » déjà. Là, un autre monde, une autre présentation de soi et de son travail est nécessaire : ces personnes sont d’ici, mais elles sont « mieux », moins « paysannes » que les autres. Ces établissements font appel à des équipes du Continent ou à d’importantes structures locales qui leur proposent de la qualité, de l’efficacité, bref, un « packaging total ». Le marché est porteur, mais il faut trouver au moins un « client type » qui accepte de « prendre un risque » pour pouvoir le citer ensuite, une référence en fait. Etape franchie, mais la leçon a été difficile à avaler. Les structures accessibles, celles dont on se sent proches, avec qui l’on apprécie de travailler, ne suffisent pas à rentabiliser l’activité ; les autres, celles qui ont des besoins et des moyens, réclament une posture personnelle plus dure à adopter.

Dans la lignée des travaux de Pierre Bourdieu sur les structures sociales et les structures mentales, s’adapter en fonction du contexte est un « sens pratique » qu’un agent doit avoir intégré dans une activité commerciale, et plus généralement dans un champ social et professionnel. L’adaptation est plus ou moins facile en fonction du champ social d’origine qui peut être très différent de celui dans lequel on doit évoluer. Les passerelles entre les deux « mondes » doivent être orientées en fonction des attentes des détenteurs du pouvoir. Quelles sont alors les critères qui rendent valident une représentation « professionnelle » de soi ? « À quels jeux me convient-il ou nous convient-il de jouer ? » demande Pierre Bourdieu. Cette remise en question d’un statut social et professionnel, non pas à partir des compétences techniques, mais génériques, c’est-à-dire en fait de la personnalité, est déstabilisante. C’est une remise en cause des capacités même d’adaptation. La compétence relève ainsi, non d’un savoir et d’un savoir-faire technique, mais d’un capital social et culturel. Comment être une autre et oublier d’où on vient ? Pourquoi vouloir montrer autre chose que ce que nous sommes, individuellement et collectivement ? Pourquoi notre identité ou notre personnalité doit-elle ainsi être transmutée ? Courant 2007, le travail personnel de réflexion et de recherche s’est réellement mis en route.

Au moment où cette remise en question, et même cette remise « en cause », s’est produite, une ouverture s’est présentée : il s’agissait de pouvoir coupler des compétences techniques et génériques, ces dernières étant plus en accord avec le nouveau contexte : une société de production locale sous-traitait ses activités de repérage et de casting. Les photographies de repérages et de casting font appel à une bonne connaissance empirique du terrain et à une connaissance technique de base. Le tout au service d’une fonction précise, l’interprétation photographique d’une description paysagère, d’un endroit, d’une ambiance ou d’un visage. Un mélange très attractif… Les photographies de repérage ne présentent pas les mêmes caractéristiques esthétiques que celles destinées au tourisme : il ne s’agit plus de reproduire une image attendue qui sera directement utilisée à des fins de communication visuelle, mais de produire des images d’un terrain ou de personnes qui serviront à d’autres pour leur travail de fabrication d’images photographiques ou filmiques. La sous-traitance, cependant, pose un problème concret : celui, justement, de la dépendance à l’entreprise sous-traitante. La plus grande marge de manœuvre sur le terrain se paye par une position d’attente et non plus d’action vis-à-vis de la clientèle.

Vers une esthétique informelle des paysages vécus....


Photographies illustratives et photographies de repérage forment donc deux séries correspondant aux principales étapes d’un parcours professionnel de quatre ans. Pour l’autre série d’images présentée ici, il a fallu apprendre à déconstruire des habitudes, des points de vue, des thématiques… Cette série ne met pas en route le processus des compétences attendues et nécessaires à une reconnaissance socioprofessionnelle. Dans le champ professionnel, ces images n’ont pas de raison d’être. Il ne s’agit pas non plus de jouer le champ « artistique » ou « culturel » contre le champ « professionnel » ou « commercial ». Il s’agit en fait de montrer ce qui, en un sens, n’intéresse personne, et de le montrer d’une façon fortuite, d’une manière informelle, et ce aussi bien dans le contexte de la prise de vue que lors de sa recontextualisation, puisqu’elles sont présentées pour la première fois ici à un public. De fait, ces images ont été réalisées en réaction aux différentes expériences professionnelles vécues.

Ces photos montrent tout autre chose qu’un paysage à l’esthétique classique. Elles ne présentent pas d’images du littoral, pas d’activités artisanales, pas non plus de paysages de l’intérieur, paysages connus car déjà vus, mais des parcelles de paysage reconnues car vécues. C’est comme l’envers du décor. L’esthétique de cette série n’est pas homogène. Elle est parfois habituelle, d’autres fois décalée en fonction du sujet photographié, ou pas du tout, et vice et versa. Il n’y a pas de volonté esthétique prédéterminée.

Les photographies que nous allons maintenant visionner ne prétendent pas couvrir toutes les possibilités de représentation d’un paysage local ; pour autant on peut dire qu’elles présentent un parcours professionnel étroitement lié à une histoire personnelle. Ne pas vouloir ou pouvoir tracer des sillons profonds et réguliers d’une pratique professionnelle peut sans doute s’expliquer par le fait d’un parcours et d’une pratique autodidactiques intrinsèquement liées au terrain. L’exercice reste sans doute incomplet, mais pour citer Howard Becker, « l’incomplet n’est pas un crime », « il fait partie intégrante de la représentation. »Volontairement, les séries ont été mêlées les unes aux autres, sans indiquer de quelles pratiques et de quel contexte elles relèvent : le diaporama qui va suivre rend ainsi compte du passage fréquent, voire quotidien, d’un monde, d’un paysage à un autre.




Lire A pas grand chose sur son blog myspace
l'article A quoi ça sert? a été ecrit en vue d'une participation au colloque de sorèze, lequel a été repoussé. http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendId=403613855&blogId=469809099

samedi 26 septembre 2009

23 octobre 2009, ANDREA FRASER "MAY I HELP YOU?"



Museum Highlights, A Gallery Talk, 1989, Andrea Fraser
© Coll.Centre Pompidou





ANDREA FRASER
"MAY I HELP YOU ?"
CINÉMAS

Cycle : Vidéo et après 2009-2010

26 octobre 2009
19h00 (80 mn)


Cinéma 1



L'œuvre d'Andrea Fraser se situe dans le champ de la «critique performative». Nourrie de la pensée de Pierre Bourdieu, elle met en œuvre avec subtilité une entreprise de déconstruction du monde de l'art et des institutions muséales, en les replaçant dans leur contexte économique, politique et social pour les désigner comme générateurs de valeurs normatives, de violence symbolique et d'exclusion.

Andrea Fraser fait du « monde de l'art » et de tous ses ressorts la matière première de ses interventions. Elle s'est fait connaître dans les années 1980 par des conférences/performances, endossant alors le personnage de Jane Castelton, conférencière bénévole de « bonne famille » (Museum Highlights, A Gallery Talk, 1989, Musée de Philadelphie).

Elle réalisera par la suite de nombreuses interventions, parmi lesquelles May I Help you ?, 1991, Official Welcome 2001/2003 et Little Franck and His Carp, 2001, vidéo dans laquelle elle incarne une visiteuse réagissant de manière impulsive et décalée au discours enregistré de l'audio-guide du musée Guggenheim de Bilbao. L'efficacité des performances d'Andrea Fraser repose sur l'interprétation magistrale de l'artiste (de la plus grande vraisemblance jusqu'à l'excès) et sur le discours qu'elle sert, construit minutieusement à partir d'extraits de textes officiels écrits par des responsables de grands musées, d'ouvrages théoriques ou de déclarations d'artistes.

Outre ses vidéos/performances, l'artiste a également réalisé des installations et des photographies. Elle a par ailleurs rassemblé l'ensemble de ses écrits théoriques, ainsi que des scenarii de performances, dans un ouvrage intitulé Museum Highlights, préfacé par Pierre Bourdieu (voir sur ce blog http://artsetmondesocial.blogspot.com/2007/12/redcouvrir-museum-highlights-writings.html)

MUSEUM HIGHLIGHTS : A GALLERY TALK
(1989) / 30' / coul. / son. / vostf
Visite guidée/performance, réalisée en 1989 au Philadelphia Museum of Art, Philadelphie, (États-Unis).

MAY I HELP YOU ?
(1991) / 20' / coul. / son.
Performance réalisée à la galerie American Fine Arts Co., New York, à l'occasion de l'exposition « Plaster Surrogates » d'Alan Mc Column. Écrit et dirigé par Andréa Fraser, interprété par Ledlie Borgerdhoff.

OFFICIAL WELCOME
(2001-2003) / coul. / son. / 30'
Performance . Discours d'inauguration réalisé le 28 novembre 2001 à la MICA Foundation, New York (États-Unis).

Dans le cadre du Festival de la création contemporaine, Andrea Fraser réalisera une conférence-performance inédite au Centre Pompidou, le 23 octobre 2009 à 19h.
Renseignements sur www.centrepompidou.fr

Programmation / intervenant(s) :
Séance présentée par Andrea Fraser
Lundi 26 Octobre 2009
19:00 Andrea Fraser


Official Welcome, Andrea Fraser, 2001/2003
© Andrea Fraser


« Vidéo et après » est un rendez-vous mensuel consacré aux vidéos d'artistes de la collection du Musée national d'art moderne. Parcourant l'histoire des pratiques artistiques liées à la vidéo, depuis le début des années 1960 jusqu'à nos jours,
« Vidéo et après » propose une succession de rencontres avec des artistes et des historiens de l'art contemporain au travers de projections, de conférences et de débats.

L'ensemble de la collection est consultable dans l'« Espace des Collections Nouveaux Médias et Film » du Musée (Niveau 4).

(Merci à Inès Champey pour l'information et les liens, G.Q.)

lundi 17 décembre 2007

A redécouvrir : Museum Highlights, The Writings of Andrea Fraser




Un ouvrage important (réunissant 19 textes, avec une préface de Pierre Bourdieu écrite en 1998) où Andrea Fraser retrace l'espace des possibles par rapport auquel elle se situe.







Museum Highlights
The Writings of Andrea Fraser
Andrea Fraser
Edited by Alexander Alberro

Table of Contents
List of Illustrations xii
Foreword: Revolution and Revelation
Pierre Bourdieu xiv
Acknowledgments xvi
Introduction: Mimicry, Excess, Critique
Alexander Alberro xxii
CRITICAL PRACTICES
1 An Artist's Statements (1992) 3
2 In and Out of Place (1985) 17
3 "Creativity = Capital"? (1986) 29
4 It's Art When I Say It's Art, or. . . (1995) 37
5 What's Intangible, Transitory, Mediating, Participatory, and Rendered in the Public Sphere? (1996) 47
6 What's Intangible, Transitory, Mediating, Participatory, and Rendered in the Public Sphere? Part II(1996) 55
7 "To Quote," Say the Kabyles, "Is to Bring Back to Life" (2002) 81
PUBLIC INSTITUTIONS, PRIVATE OBJECTS
8 Notes on the Museum's Publicity (1990) 91
9 Museum Highlights: A Gallery Talk (1989) 95
10 A Letter to the Wadsworth Atheneum (1991) 115
11 Welcome to the Wadsworth (1991) 123
12 Aren't They Lovely? An Introduction (1992) 141
PROFESSIONAL INTERESTS
13 A Speech on Documenta (1992) 149
14 How to Provide an Artistic Service: An Introduction (1994) 153
15 What Do I, as an Artist, Provide? (A Speech at the EA-Generali Foundation) (1995) 163
16 Slashing the American Canvas, or, Why I Would Rather Have a Day Job (1998) 169
17 A "Sensation" Chronicle (2001) 179
18 Official Welcome (2001) 213
IN CONCLUSION?
ONWARD TO THE PAST, OR, ART AT THE FOREFRONT OF REGRESSION
19 Isn't This a Wonderful Place? (A Tour of a Tour of the Guggenheim Bilbao) (2003) 233
Bibliography 261
Index 266






Andrea Fraser's work, writes Pierre Bourdieu in his foreword to Museum Highlights, is able to "trigger a social mechanism, a sort of machine infernale whose operation causes the hidden truth of social reality to reveal itself." It often does this by incorporating and inhabiting the social role it sets out to critique—as in a performance piece in which she leads a tour as a museum docent and describes the men's room in the same elevated language that she uses to describe seventeenth-century Dutch paintings. Influenced by the interdisciplinarity of postmodernism, Fraser's interventionist art draws on four primary artistic and intellectual frameworks—institutional critique, with its site-specific examination of cultural context; performance; feminism, with its investigation of identity formation; and Bourdieu's reflexive sociology. Fraser's writings form an integral part of her artistic practice, and this collection of texts written between 1985 and 2003—including the performance script for the docent's tour that gives the book its title—both documents and represents her work.

The writings in Museum Highlights are arranged to reflect different aspects of Fraser's artistic practice. They include essays that trace the development of critical "artistic practice" as cultural resistance; performance scripts that explore art institutions and the public sphere; and texts that explore the ambivalent relationship of art to the economic and political interests of its time. The final piece, "Isn't This a Wonderful Place? (A Tour of a Tour of the Guggenheim Bilbao)," reflects on the role of museums in an era of globalization. Among the book's 30 illustrations are stills from performance pieces, some never before published.

About the Author

Andrea Fraser is an artist who lives and works in New York City.

Alexander Alberro is Virginia Bloedel Wright '51 Associate Professor of Art History at Barnard College. He is the author of Conceptual Art and the Politics of Publicity (2000), and coeditor (with Blake Stimson) of Conceptual Art: A Critical Anthology (2000), both published by the MIT Press.

(Gilbert Quélennec)

jeudi 28 juin 2007

PROPOSER LA PRÉSENCE DE «REPRÉSENTANTS» D'UN ARTISTE COLLECTIF CRITIQUE AU SEIN DES ORGANISMES INSTITUTIONNELS ET DES ORGANISMES DE RELAIS

Archive:

PROPOSER LA PRÉSENCE  DE «REPRÉSENTANTS» D'UN ARTISTE COLLECTIF CRITIQUE AU SEIN DES ORGANISMES INSTITUTIONNELS ET DES ORGANISMES DE RELAIS

Proposition initiée et mise en forme par Gilbert Quélennec, elle est mise en ligne dans une version de travail (brouillon écrit en Septembre 2004 avec l'aide extérieure de L. Grisel, J. Joy, P. Durand, J. Meizoz, P. Criton, A. Boschetti, I.C., un grand merci à elles et à eux pour leurs suggestions et leurs critiques) pour le proposer à la discussion .
Le point de départ de cette réflexion a été le constat de la progression de l'hétéronomie dans les arts et la relecture de certaines publications de Pierre Bourdieu (voir les nombreuses citations ci-dessous) 
version revue et corrigée le 11 novembre 2005

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(Au moment où l'exception culturelle est menacée d'une redoutable régression par la tyrannie de la logique commerciale <1>, il faudrait une mobilisation à l'échelle internationale associant les artistes, les chercheurs et les syndicats, travaillant à l'invention collective des conditions de l'autonomie du champ artistique -au sens large-, réintroduire les fonctions critiques, s'assurer la propriété de nos moyens de production-édition-diffusion, etc., pour lutter contre l'oppression néolibérale.)

PROPOSER LA PRÉSENCE DE «REPRÉSENTANTS» <2> D'UN ARTISTE COLLECTIF CRITIQUE AU SEIN DES ORGANISMES INSTITUTIONNELS (commissions d'attribution, etc.) ET DES ORGANISMES DE RELAIS (maisons d'éditions, etc. <3>)
.

L'idée que l' œuvre d'art «est le produit d'un travail collectif et historique, ne devrait désespérer ou décevoir que ceux qui sont désespérément attachés à la croyance dans l'unicité du «créateur» et de l'acte de création, vieille mythologie dont nous devons faire le deuil comme de tant d'autres, que la science a renvoyées au rebut».
<4>

--- 

L'autonomie (relative) de l'art en réseau étant bien défendue, rien ne s'oppose à une mobilisation des différents acteurs du champ artistique pour proposer une redéfinition de l'aide publique à l'art, le contrôle de celle-ci par les artistes critiques (cultivant l'esprit rétif) et la mise en  œuvre de statuts juridiques spécifiques (Coopératives, etc.). Pour «balayer» ces organismes de la cour d'«artistes» <5> pratiquant le clientélisme, il faut que les artistes autonomes qui ne connaissent d'autre loi que celle de l'art sans autre fin que lui-même, inventent de nouvelles formes d'actions fondées sur une véritable mobilisation politique. La question posée, est celle des moyens visant à instaurer (collectivement) des contrôles réels dans ces différents organismes.

Pour que ces aides soient efficaces contre les pressions externes (économiques, médiatiques, politiques, religieuses, etc.), elles doivent aller aux artistes «les plus susceptibles de résister à ces pressions» <6> et à ceux d'entre eux qui en ont le plus besoin <7> (<8>). Un artiste ne saurait être vraiment critique <9> s'il n'est un artiste autonome. C'est au XIXème siècle que se construit l'autonomie (relative) du champ artistique, littéraire et musical <10>.

Qui serait juge de l'autonomie et comment ? L'artiste est celui dont les artistes disent que c'est un artiste (c'est forcément circulaire). «Le degré d'autonomie du champ peut se mesurer à l'importance de l'effet de retraduction ou de réfraction que sa logique spécifique impose aux influences ou aux commandes externes et à la transformation, voire la transfiguration, qu'il fait subir aux représentations religieuses ou politiques et aux contraintes des pouvoirs temporels».
 <11>


Qu'est-ce qui fait l'artiste ? «C'est l'univers artistique, ce n'est pas l'artiste lui-même» <12>. Les sciences sociales pourraient nous donner des armes dans nos luttes pour défendre les acquis de la recherche artistique contre l'intrusion des forces économiques et sociales <13> (C'est-à-dire sur la mobilisation de savants désintéressés <14>)


Il s'agit de tenir ensemble, d'un côté, l'exigence d'une conscience commune des producteurs culturels pour demander à l'État les moyens d'une plus grande autonomie à son égard (se servir de l'État contre l'État), et, de l'autre, le fait de devenir des entrepreneurs culturels <15> en s'occupant collectivement des moyens de production-édition-diffusion <16>.


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«Étant donné la situation qui se développe en Angleterre, qui est en voie de se développer en Allemagne et en France, il est très important d'avoir la propriété privée des moyens de production et de travailler collectivement à la propriété collective des moyens de diffusion <17>».



<1>. - «AGCS, Constitution européenne, mécénat d'État et mécénat privé, Censure dans les médias, etc». lire: Raoul Marc JENNAR, Europe, la trahison des élites, Fayard, 2004. Nicolas GUILHOT, Financiers philanthropes, Raisons d'agir, 2004. Pierre BOURDIEU et Hans HAACKE, Libre-échange, Seuil/Les presses du réel, 1994. Médias et censure, (Textes réunis par Pascal Durand), Éditions de l'université de Liège, 2004. Terry SHINN & Pascal RAGOUET, Controverses sur la science, Éditions Raisons d'Agir, 2005.

<2>. - Laurent GRISEL, mail.

<3>. - Jérôme JOY, mail.

<4>. - Pierre BOURDIEU, Penser l'art à l'école, Actes Sud, 2001, P. 54.

<5>. - «On voit apparaître le profil zélé de "créatifs" destinés aux services des biens et profits sociaux-politiques» Pascale Criton, "Les énonciations subjectives de l'art", Multitudes n°4, 2000.

<6>. - Pascal DURAND, mail.

<7>. - «... il faudrait que le premier tri -les dossiers soumis à subvention- soit anonyme, et le second soit fait selon les critères de l'autonomie». Jérôme MEIZOZ, mail.

<8>. - «La capacité de résistance aux pressions se confond avec l'autonomie d'un artiste, laquelle est elle-même fonction de l'autonomie globale dont son champ d'appartenance est doté. C'est par l'application en effet d'une accréditation symbolique par les autres artistes, qui n'est possible que si leur monde s'est constitué en univers autonome, qu'un artiste peut être reconnu comme artiste autonome, et par conséquent comme artiste à part entière, selon la définition spécifique formulée implicitement par le champ». Pascal DURAND, mail.

<9>. - «expérimental» Jérôme JOY, Labotext, http://jukebox.thing.net/labo.html.

<10>. - «L'entreprise de production culturelle étant essentiellement double, l'innovation culturelle n'est possible qu'au prix d'une innovation économique (que l'hagiographie refoule comme quelque chose de honteux)». P. BOURDIEU, "Bref impromptu sur Beethoven artiste entrepreneur", Sociétés et représentations, Artistes/Politiques, N°11, 2001, P. 16.

<11>. - P. BOURDIEU, Les règles de l'art, Seuil, Points essais, P. 360.

<12>. - P. BOURDIEU, Penser l'art à l'école, Actes sud, 2001, P. 50.

<13>. - «Le déterminant le plus menaçant pour un artiste n'est pas l'origine sociale mais l'académisme, et aujourd'hui la sociologie, sous la forme d'une science des oeuvres, offre le moyen de se débarrasser d'une vision scolastique de l'histoire de l'art et de passer d'une compréhension fétichiste à une compréhension rationnelle de la création artistique présente et passée.» Inès CHAMPEY, "L'Art et le sociologue", in Art et savoir, l'harmattan, 2004, P. 74.

<14>. - «...qui ne connaissent d'autre programme que celui qui se dégage de la logique de leur recherche et qui savent faire aux demandes "commerciales" le strict minimum de concessions indispensables pour s'assurer les crédits nécessaires à leur travail.» P. BOURDIEU, Science de la science et réflexivité, Raisons d'Agir, 2001, P. 6.

<15>. - «opérateurs artistiques» Jérôme JOY, mail.

<16>. - «...en adoptant une forme paradoxale d'invisibilité». Paul DEVAUTOUR, "Invisibilité de l'art en réseau", http://www.ciren.org/ciren/actualite/ -2004-

<17>. - Pierre BOURDIEU "Secouez un peu vos structures !",  Le Symbolique et le Social. La Réception internationale de la pensée de Pierre Bourdieu, Les Éditions de l'Université de Liège, 2005, P. 336.