Affichage des articles dont le libellé est Sinigaglia. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sinigaglia. Afficher tous les articles

vendredi 20 décembre 2013

Sociétés contemporaines 91, 2013, Rétributions

Sociétés contemporaines 91, 2013,  Rétributions
Presses de Sciences Po

Présentation de l'éditeur
Malgré une extrême amplitude des salaires et une grande flexibilité de l'emploi, l'attractivité des métiers du secteur culturel ne se dément pas depuis plusieurs dizaines d'années. Dans un contexte général de dégradation des conditions d'emploi, comment la persistance d'une telle attractivité s'explique-t-elle ? La réponse se trouve dans l'examen des « rétributions », c'est-à-dire de l'ensemble des significations associées aux gains monétaires, matériels et sociaux que l'on perçoit en travaillant.
Ce dossier étudie les rétributions du travail, anticipées ou vécues, à travers le prisme d'activités aussi différentes que celles de comédien, de musicien, de céramiste et artisan indépendants ou de placeur de théâtre. Effectuant des tâches souvent similaires à celles qui existent dans l'artisanat, les services publics ou le commerce, et confrontés à des réajustements constants de leur projet professionnel, les protagonistes de ce dossier éclairent sur le rapport aux rétributions dans d'autres secteurs.
Au-delà du caractère nodal des rémunérations, les articles confirment l'importance des rétributions non monétaires dans les activités culturelles, en particulier le pari sur les possibilités de carrières et les opportunités de satisfaction au travail. Ils soulignent surtout le travail permanent, en prise avec un contexte sans cesse réactualisé, d'articulation et de réarticulation des diverses rétributions envisagées les unes avec les autres, avec la vie privée, avec les attentes professionnelles et avec le moment et la position dans le parcours professionnel.

vendredi 26 octobre 2012

Colloque international : "Reconnaissance et consécration artistiques" / "Recognition and consecration in the arts", Les 7,8 et 9 Novembre 2012, à la MSHS de Poitiers

  • Inscription et renseignements
  • PROGRAMME DU COLLOQUE
  • Argument

    Si les questions de reconnaissance et de consécration se situent au cœur de toute analyse des univers artistiques et culturels, c’est que ces derniers sont fondés sur des propriétés spécifiques et pour le moins paradoxales. En effet, relativement à d’autres domaines, les mondes de l’art se caractérisent par l’importance majeure que les professionnels comme les publics accordent à la valeur symbolique des œuvres et des artistes et par le désintéressement affiché ou, du moins, la dénégation assumée concernant la valeur et les profits économiques. Ainsi, au sein de ces univers, la hiérarchisation des artistes et des œuvres s’organise essentiellement selon la logique de l’accumulation du capital symbolique. Or, paradoxalement, l’évaluation de la qualité ou de la valeur artistique s’avère, au moins au départ, fortement marquée par l’incertitude, notamment parce que cette évaluation est généralement privée de conventions consensuelles et que ses objets (œuvres et artistes), loin d’être homogènes comme sur d’autres marchés, se caractérisent avant tout par leur singularité.
    Le développement de l’analyse de la reconnaissance et de la consécration artistiques se révèle donc essentiel pour comprendre ce qui fait le prix et la valeur artistique des œuvres et pour appréhender, plus généralement, le fonctionnement social des champs artistiques dans leur diversité.
    C’est l’objectif que s’assigne ce colloque en faisant dialoguer des chercheur-se-s provenant de différents pays et de plusieurs disciplines des sciences sociales (sociologie, histoire et histoire de l’art, études littéraires, sciences de l’information et de la communication, économie, etc.) et des acteurs institutionnels de l’art et de la culture.
    La variété des points de vue vise en particulier à penser les phénomènes de consécration en relation avec les transformations passées et présentes des mondes de l’art. Ces dernières années, l’accroissement des populations d’artistes, la concentration des entreprises culturelles et médiatiques et le développement de l’organisation par projet font partie des principales mutations ayant entraîné une intensification de la concurrence et de la spéculation sur la qualité artistique. Si ces transformations n’ont pas fait disparaître les voies traditionnelles de la consécration, elles en ont fait apparaître de nouvelles et semblent avoir rendu plus efficientes celles qui étaient davantage centrées sur la notoriété médiatique et commerciale que sur la réputation proprement artistique.
    Identifier ces différents phénomènes, les distinguer et rendre compte empiriquement de leur articulation dans le processus de reconnaissance des œuvres, des artistes ou des genres artistiques comptent parmi les enjeux majeurs de ce colloque.

    Comité d’organisation

    Laurence Ellena (Université de Poitiers, GRESCO), Pierig Humeau (Université d’Amiens, CURAPP), Wenceslas Lizé (Université de Poitiers, GRESCO), Fanny Renard (Université de Poitiers, GRESCO), avec l’aide d’Anne Cavarroc et de Chantal Vallet

    Comité scientifique

    Président : Yvon Lamy (Université de Limoges, GRESCO)
    Christophe Charle (Université Paris 1, IHMC), Jérôme David (Université de Genève), Wouter De Nooy (Amsterdam Universiteit), Olivier Donnat (DEPS, ministère de la Culture et de la Communication), Timothy J. Dowd (Emory University, Atlanta), Jacques Dubois (Université de Liège), Vincent Dubois (Université de Strasbourg, GSPE), Sylvie Ducas (CHCSC, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), Laurence Ellena (Université de Poitiers, GRESCO), Charlotte Guichard (IRHiS, CNRS), Pierig Humeau (Université d’Amiens, CURAPP), Susanne Janssen (Erasmus Universiteit, Rotterdam), Bernard Lahire (ENS Lyon, Centre Max Weber), Philippe Le Guern (Université d’Avignon, Centre Norbert Elias), Wenceslas Lizé (Université de Poitiers, GRESCO), Gérard Mauger (CESSP, CNRS), Delphine Naudier (CRESPPA-CSU, CNRS), Claude Poliak (CESSP, CNRS), Alain Quemin (Université Paris 8, Institut d’Études Européennes), Marie-Pierre Pouly (Université de Limoges, GRESCO), Hyacinthe Ravet (Université Paris Sorbonne, OMF), Fanny Renard (Université de Poitiers, GRESCO), Olivier Roueff (Printemps, CNRS), François Rouet (DEPS, ministère de la Culture et de la Communication), Dominique Sagot-Duvauroux (Université d’Angers, GRANEM), Marco Santoro (Université de Bologne), Gisèle Sapiro (CESSP, CNRS), Séverine Sofio (CRESPPA-CSU, CNRS), John B. Thompson (Cambridge University), Solange Vernois (Université de Poitiers, GERHICO),

    Soutiens institutionnels et partenaires scientifiques

    Le colloque "Reconnaissance et consécration artistiques" est organisé par le GRESCO avec la participation du Centre Universitaire de Recherche sur l’Action Publique et le Politique (CURAPP) et le soutien du Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture et de la Communication (DEPS), de l’Université de Poitiers, de la Région Poitou-Charentes, de l’IUFM Poitou-Charentes et de la Communauté d’agglomération Grand Poitiers.
    Le colloque a également reçu le soutien des partenaires scientifiques suivants : le Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CESSP), le programme ANR IMPACT, le Centre Max Weber, l’Observatoire Musical Français (OMF) et l’Association Internationale de Sociologie (ISA)


jeudi 19 avril 2012

Jérémy Sinigaglia, Artistes, intermittents, précaires en lutte. Retour sur une mobilisation paradoxale


Jérémy Sinigaglia  
Artistes, intermittents, précaires en lutte 
Retour sur une mobilisation paradoxale
Préface de Lilian Mathieu
P.U.Nancy
2012

Présentation de l'éditeur
Dans la nuit du 26 au 27 juin 2003 est signé au sein de l'UNEDIC un protocole d'accord qui durcit les règles de l’indemnisation du chômage des salariés intermittents du spectacle. En quelques jours, la mobilisation prend une ampleur qui surprend aussi bien les différents observateurs que les principaux animateurs du mouvement. La « CGT spectacle » appelle à une journée de grève. Des collectifs et des coordinations se forment, se reforment ou se renforcent dans de nombreuses villes et régions de France et organisent la contestation.
Cet ouvrage, qui repose sur une enquête ethnographique menée pendant trois ans auprès d’un collectif d’intermittents en Lorraine et de la coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France, pose la question suivante : comment un groupe hétérogène (artistes, employés, ouvriers, techniciens, ingénieurs de divers secteurs du spectacle) composé de salariés précaires exerçant dans un secteur économique lui aussi précaire, parvient-il à se mobiliser et à agir collectivement ? Répondre à cette question suppose d’abord de comprendre le passage individuel à l’action collective, et pour cela de prêter attention aux ressources des intermittents et à celles que leur apportent leurs soutiens, mais aussi d’observer la manière dont ils ont pu retourner un certain nombre de conditions a priori défavorables à leur avantage. Cela implique ensuite de saisir la manière dont les individus et les groupes engagés ensemble mais aussi concurremment dans la mobilisation se dotent (ou non) d’une identité collective rassembleuse, d’une définition commune des enjeux de la lutte et d’un répertoire d’action partagé.
L’observation de cette mobilisation révèle que ni les situations de précarité que subissent les participants potentiels, ni la désorganisation de leurs secteurs d’activité, ni l’hétérogénéité du groupe a priori concerné ou du mouvement dans son ensemble ne forment en soi les conditions d’impossibilité d’une mobilisation collective ou un frein indépassable à sa réalisation. Dès lors, l’hypothèse contre intuitive qui forme le fil directeur de cet ouvrage est la suivante : non seulement la précarité, l’individualisation et l’hétérogénéité des intermittents du spectacle ne forment pas en elles-mêmes des freins à leur mobilisation, mais elles peuvent à l’inverse, paradoxalement, contribuer à remplir les conditions propices à la réussite de leur mouvement.