lundi 21 novembre 2011

L'Artiste, un entrepreneur ?


L'Artiste, un entrepreneur ?
Smart - Collectif
Impressions nouvelles, 2011


Présentation de l'éditeur
Amené à travailler par projets, créant des structures de production ou engageant des équipes de collaborateurs pour mener ses travaux à bien, l’artiste contemporain adopte de plus en plus souvent des modes de fonctionnement proches de celles de l’entrepreneur. Une quarantaine de contributions, émanant de chercheurs belges, français et hollandais, s’interrogent sur cette évolution, la resituent dans son contexte historique, étudient les questions qu’elle pose au plan juridique, économique, politique et social, mettent en lumière les rapports complexes entre les mondes de l’argent et ceux de l’art.

Fermement ancrée dans l’économie sociale, l’association SMartBe est aujourd’hui l’un des pôles majeurs de soutien à la vie culturelle en Belgique. Pour L’artiste, un entrepreneur ?, elle a fait appel à de nombreux acteurs de la vie culturelle, ainsi qu’à des chercheurs et des universitaires qui, chacun dans leur spécialité (droit, économie, médiation culturelle, etc.) développent un aspect du statut de l’artiste aujourd’hui dans les différentes sphères artistiques – audiovisuel, théâtre, musique, arts plastiques et littérature. Des portraits d’artistes illustrent par l’exemple les thématiques développées, et rendent la lecture de cet essai aussi rythmée que précise. À l’heure où les frontières entre création artistique et activités free-lance sont de plus en plus floues, L’artiste, un entrepreneur ? esquisse un nouveau statut de l’artiste.

Sommaire

Introduction – Marc Moura, directeur de SMartBe.
Première partie
L’entrepreneuriat et le secteur artistique
Définitions et points de vue


L’artiste entrepreneur, un travailleur au projet – Sarah de Heusch, sociologue, Anne Dujardin, économiste & Héléna Rajabaly, démographe.

Sur la relation entre le métier d’artiste et l’entreprenariat – Marc Ruyters, journaliste culturel et éditeur de ART.
L’artiste entrepreneur est-il aussi – et à quelles conditions – un entrepreneur social ? – Michel Marée, chargé de recherche au Centre d’Economie sociale de l’Université de Liège & Sybille Mertens, chargée de cours à HEC-Ecole de gestion de l’Université de Liège.

L’artiste, créateur de son propre emploi – Sandrino Graceffa,  président directeur général de l’Union d’économie sociale anonyme SMartFr.

L’artiste en tant qu’entrepreneur culturel – Arjo Klamer, professeur d’économie de la culture à l’Université Erasmus de Rotterdam.

Portrait de l’artiste en entrepreneur et de l’entrepreneur en artiste – Norbert Hillaire, directeur du Département sciences de la communication de l’université de Nice-Sophia Antipolis et directeur de la publication « L’artiste et l’entrepreneur ».

Culture et entreprenariat : une vision personnelle – Thomas Leysen, président de la Fédération des entreprises belges de 2008 à 2011.

Schumpeter à l’intention des artistes – Dirk De Corte, consultant et coach en management.
Deuxième partie
L’entrepreneuriat et le secteur artistique
Histoire, droit, société, politiques publiques


Les métamorphoses de l’artiste – Dominique Château, professeur d’esthétique à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Du mécanique au numérique : les nouvelles figures de l’artiste – Xavier Greffe, professeur à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il dirige le programme doctoral d’économie des arts et des médias

Œuvrer dans l’incertitude – Pierre-Michel Menger, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS, où il enseigne la sociologie du travail et la sociologie des arts.

L’artiste, entrepreneur de l’incertain – Suzanne Capiau, avocat au barreau de Bruxelles, maître de conférences à l’Université libre de Bruxelles (Belgique) où elle enseigne le droit de l’audiovisuel, chargé de cours à l’Université de Metz (France) où elle enseigne le droit du multimédia et d’internet.

L’artiste contribuable (in)certain – Anne Rayet, avocate spécialisée en droits intellectuels, droits réels, droit administratif, réglementation fiscale et sociale applicables aux auteurs et artistes interprètes.

Une sécurité sociale pour la nouvelle société – Jozef Van Langendonck, professeur émérite à l’Institut du droit social KUL.

L’enseignement de l’entreprenariat culturel – Giep Hagoort, entrepreneur culturel et professeur en art et économie à l’Université d’Utrecht et à la Haute École des arts d’Utrecht.
Les artistes et l’entreprenariat en Flandre – Annick Schramme, responsable de formation du master en management culturel (sciences économiques appliquées) de l’Université d’Anvers.

Prestige et misère de l’intermittence. Artistes et prolétaires dans le nouveau discours managérial – Estelle Krzeslo, chargée de recherche au Centre METICES de l’Université Libre de Bruxelles.

Emploi nomade : le marché du travail face à la mutation noétique – Bernard Van Asbrouck, professeur à l’ULB Unité de psychologie des organisations et expert en analyse et développement au sein du service d’administration générale du FOREM.

CultuurInvest : renforcement de la créativité et de l’entreprenariat – Raf Vermeiren, senior investment manager à CultuurInvest.

St’art, l’invest des créateurs – Virginie Civrais, directrice de St’art Invest.

Subsides ou entreprenariat : une fausse opposition – Bart Caron, député Groen au Parlement flamand.
Troisième partie
L’entrepreneuriat dans différents secteurs artistiques :
arts de la scène, cinéma, musiques, arts plastiques, littérature


Un exemple d’entrepreneuriat dans les métiers de la création : les Activités SMartBe – Anne Dujardin, économiste & Héléna Rajabaly, démographe.

L’entreprenariat culturel au sein des organisations flamandes et néerlandaises des arts de la scène – Arjen van Witteloostuijn, professeur de recherche aux Universités d’Anvers, de Tilburg et d’Utrecht, Arjan van den Born, chercheur à l’Université d’Utrecht & Pim van Klink, conseiller artistique et professeur invité à l’Université d’Anvers.

Entrepreneuse de cinéma – interview de Viviane Vanfleteren, productrice de films de la maison de production Vivi Film, par Annelies De Brabandere, chargée de projet au Bureau d’études SMartBe.

Figures du musicien entrepreneur. Quelques éléments de réflexion sur le rapport au travail des musiciens ordinaires – Marc Perrenoud, sociologue et ethnologue.

Le dj. La figure sociale d’un (non) musicien – Hugo Klinkenberg, Licencié en Arts et Sciences de la Communication de l’Université de Liège (orientation Anthropologie culturelle), journaliste, il officie en tant que Dj sous le nom de Hugo Freegow.

Push It ! – interview de Vincent Buss (DJ Prinz) par Lieven Van Keer.

Artistes entrepreneurs et industries artistes dans le champ de l’art contemporain – David Thomisse, diplômé en Histoire de l’art de l’Université libre de Bruxelles.

Entrepreneur commercial en art international – Paul Dikker, artiste plasticien.

Les chemins qui sont devant nous sont ceux que nous inventonsEva Kavian, écrivain.
Conclusion
Bibliographie

mardi 8 novembre 2011

Contemporanéités de Gertrude Stein. Comment lire, traduire et écrire Gertrude Stein aujourd'hui

Contemporanéités de Gertrude Stein
Comment lire, traduire et écrire Gertrude Stein aujourd'hui
Editions des archives contemporaines
2011

Présentation de l'éditeur
Parmi les écrivains associés à ce vaste aréopage qu’on nomme la Modernité, Gertrude Stein est sans doute une de celles, sinon celle, qui résiste encore le plus, aujourd’hui, aux lectures convenues. Marquée par une poétique intransigeante, volontairement en marge de toutes formes de stéréotypes littéraires, l’œuvre de Stein, sans concession, rend parfois perplexe les lecteurs peu habitués à sortir des sentiers battus. Rares sont les œuvres qui divisent encore à ce point les littéraires. De plus, personnage flamboyant, attisant les haines aussi bien qu’elle attirait les fidèles, elle aura eu son premier succès public à soixante ans avec un livre, Autobiogaphie d’Alice Toklas, qui, aussi remarquable soit-il, provoqua un malentendu en ce qu’il reste encore le plus accessible de cette oeuvre protéiforme.
Comment lire, traduire et écrire Gertrude Stein, aujourd’hui? Comment expliquer la fascination, la passion, aussi bien que l’incompréhension qu’elle peut encore provoquer? Ce livre, issu d’un colloque qui a eu lieu à Montréal en septembre 2008, vise justement à faire le point sur cette œuvre grâce à l’apport d’une foule de spécialistes en provenance de France, des États-Unis, du Québec aussi bien que du Canada anglais. Les textes abordent l’abstraction et la complexité de ce travail, les difficultés et les enjeux de sa traduction, sa logique poétique et langagière, les influences qui s’y dessinent, et des sujets encore peu abordés comme le rapport de Stein à la judaïté ou à la politique.
Il s’agit d’une somme importante qui permet de faire le point à travers des regards multiples, à défaut d’une lecture totalisante à laquelle l’œuvre ne peut que se refuser, de toute manière.
Gertrude Stein (1874-1946) Née à Alleghany (Pennsylvanie) dans une famille d’émigrants juifs allemands, Gertrude Stein a passé son enfance en Californie (Oakland), puis a suivi les cours de psychologie de William James à Radcliffe College (Harvard) avant de commencer des études de médecine à l’université John Hopkins qu’elle interrompt en 1901. Immigrant en France en 1904, détachée du territoire de sa langue maternelle, coupée de sa matrice culturelle et linguistique, elle se détache également de la langue de son territoire d’expatriation, le français, en ne lisant et n’écrivant presque exclusivement que dans un anglais qu’elle se réapproprie de façon singulière. Le domicile de Gertrude Stein et de sa compagne Alice Toklas, le 27 rue de Fleurus et son importante collection d’art, devient le salon de l’avant-garde américaine et européenne. L’œuvre moderniste de Gertrude Stein expérimente de façon inédite le langage et une multiplicité de genres : prose, poésie, autobiographie, essai, portrait verbal et théâtre.