Carine Pessione
A quoi ça sert?
(Publié sur Arts et Monde Social avec l'aimable autorisation de l'auteure)
Paysages et « paysans » de Corse : un parcours de jeune photographe, ou comment jouer correctement à domicile ?....
Cet exposé s’appuie sur trois séries de photographies réalisées en Corse. Elles ont toutes étés prises dans un paysage local qui est à la fois le terrain d’une recherche et le lieu de vie d’une doctorante et d’une photographe. Ces images sont présentées dans le cadre de l’objectivation d’un parcours personnel et professionnel, une recherche qui s’appuie sur une approche communicationnelle empruntant à Pierre Bourdieu et à l’interactionnisme d’Erving Goffman et d’Howard Becker. Ce travail de recherche est pour l’instant en cours : il s’agira d’en exposer ici les principales lignes. A terme, une partie de cette recherche vise une description des compétences requises sur le terrain corse dans la pratique professionnelle de la photographie et à faire apparaître les contradictions qui en émanent.
Ayant grandi en Corse et appris à regarder et à travailler au milieu et à partir de ses paysages, le stock d’images constitué au fil du temps parcourt l’ensemble des paysages insulaires, ceux dit de l’intérieur et ceux du littoral. Le stock est constitué d’images numériques depuis 2005, date à laquelle l’entreprise photographique a été crée. Après la pratique d’une photographie dite de famille et d’amateur, il a fallu apprendre à photographier « correctement », c’est-à-dire à reproduire un cliché attendu, déjà vu, du paysage. Ces clichés sont destinés à la publicité touristique et sont les plus vendus. Ils forment une première série d’images et correspondent à la première étape du parcours professionnel. La deuxième série est constituée de photographies de repérages, cette activité étant apparue plus tardivement comme une alternative. Enfin, une troisième série interfère avec les précédentes : il s’agit cette fois d’une pratique informelle et personnelle qui parcourt un paysage vécu.
Devenir « pro » : un problème de technique ?....
Etant une photographe professionnelle « débutante » qui vit en Corse, il a bien fallu gagner de l’argent. Comment faire ? Cibler tout d’abord rapidement une clientèle potentielle dont les besoins de « visuels » permettrait de rentabiliser l’activité, c’est-à-dire tous les professionnels du tourisme, les hôtels, les résidences… et surtout les plus mal lotis en matière de visibilité.
Ensuite est venue la question de la qualité : Que leur proposer de mieux de ce qui se fait et/ou de ce qu’ils ont déjà ? Leur proposer à la fois la même chose et autre chose, une image conforme à ce qui se fait, mais aussi un « petit plus » qui serait significatif. Le démarchage téléphonique, postal et physique s’est fait en ce sens : il a fallu mettre au point une présentation correcte du travail photographique et donner à voir, à sentir, une complicité, une proximité des personnalités, c’est-à-dire mettre en avant le masque social et culturel local plutôt que le professionnel encore trop frais. Ces messages ne passent pas forcément par une communication verbale, mais également par la « présentation de soi » à travers l’habillement, l’élocution, toutes les informations données par les interlocuteurs, au sens où l’entend Erwin Goffman. C’est là une démarche simple et familière, d’autant plus que les structures qui n’avaient pas de supports de communication visuelle mettent d’elles-mêmes en valeur leur terrain sans faire appel à des décorateurs d’extérieurs : ces personnes se basent sur leur propre goût et un intérêt qu’elles trouvent dans leur « parcelle de maquis ». On peut noter toutefois une contradiction significative entre le temps « professionnel » et le temps local, plus élastique : installer un rapport de proximité se fait dans la durée, et mieux vaut ne pas trop vite rapporter ce « temps » à de « l’argent »…
En revanche, il a été plus difficile d’approcher les grandes et luxueuses structures qui, elles, « communiquaient » déjà. Là, un autre monde, une autre présentation de soi et de son travail est nécessaire : ces personnes sont d’ici, mais elles sont « mieux », moins « paysannes » que les autres. Ces établissements font appel à des équipes du Continent ou à d’importantes structures locales qui leur proposent de la qualité, de l’efficacité, bref, un « packaging total ». Le marché est porteur, mais il faut trouver au moins un « client type » qui accepte de « prendre un risque » pour pouvoir le citer ensuite, une référence en fait. Etape franchie, mais la leçon a été difficile à avaler. Les structures accessibles, celles dont on se sent proches, avec qui l’on apprécie de travailler, ne suffisent pas à rentabiliser l’activité ; les autres, celles qui ont des besoins et des moyens, réclament une posture personnelle plus dure à adopter.
Dans la lignée des travaux de Pierre Bourdieu sur les structures sociales et les structures mentales, s’adapter en fonction du contexte est un « sens pratique » qu’un agent doit avoir intégré dans une activité commerciale, et plus généralement dans un champ social et professionnel. L’adaptation est plus ou moins facile en fonction du champ social d’origine qui peut être très différent de celui dans lequel on doit évoluer. Les passerelles entre les deux « mondes » doivent être orientées en fonction des attentes des détenteurs du pouvoir. Quelles sont alors les critères qui rendent valident une représentation « professionnelle » de soi ? « À quels jeux me convient-il ou nous convient-il de jouer ? » demande Pierre Bourdieu. Cette remise en question d’un statut social et professionnel, non pas à partir des compétences techniques, mais génériques, c’est-à-dire en fait de la personnalité, est déstabilisante. C’est une remise en cause des capacités même d’adaptation. La compétence relève ainsi, non d’un savoir et d’un savoir-faire technique, mais d’un capital social et culturel. Comment être une autre et oublier d’où on vient ? Pourquoi vouloir montrer autre chose que ce que nous sommes, individuellement et collectivement ? Pourquoi notre identité ou notre personnalité doit-elle ainsi être transmutée ? Courant 2007, le travail personnel de réflexion et de recherche s’est réellement mis en route.
Au moment où cette remise en question, et même cette remise « en cause », s’est produite, une ouverture s’est présentée : il s’agissait de pouvoir coupler des compétences techniques et génériques, ces dernières étant plus en accord avec le nouveau contexte : une société de production locale sous-traitait ses activités de repérage et de casting. Les photographies de repérages et de casting font appel à une bonne connaissance empirique du terrain et à une connaissance technique de base. Le tout au service d’une fonction précise, l’interprétation photographique d’une description paysagère, d’un endroit, d’une ambiance ou d’un visage. Un mélange très attractif… Les photographies de repérage ne présentent pas les mêmes caractéristiques esthétiques que celles destinées au tourisme : il ne s’agit plus de reproduire une image attendue qui sera directement utilisée à des fins de communication visuelle, mais de produire des images d’un terrain ou de personnes qui serviront à d’autres pour leur travail de fabrication d’images photographiques ou filmiques. La sous-traitance, cependant, pose un problème concret : celui, justement, de la dépendance à l’entreprise sous-traitante. La plus grande marge de manœuvre sur le terrain se paye par une position d’attente et non plus d’action vis-à-vis de la clientèle.
Vers une esthétique informelle des paysages vécus....
Photographies illustratives et photographies de repérage forment donc deux séries correspondant aux principales étapes d’un parcours professionnel de quatre ans. Pour l’autre série d’images présentée ici, il a fallu apprendre à déconstruire des habitudes, des points de vue, des thématiques… Cette série ne met pas en route le processus des compétences attendues et nécessaires à une reconnaissance socioprofessionnelle. Dans le champ professionnel, ces images n’ont pas de raison d’être. Il ne s’agit pas non plus de jouer le champ « artistique » ou « culturel » contre le champ « professionnel » ou « commercial ». Il s’agit en fait de montrer ce qui, en un sens, n’intéresse personne, et de le montrer d’une façon fortuite, d’une manière informelle, et ce aussi bien dans le contexte de la prise de vue que lors de sa recontextualisation, puisqu’elles sont présentées pour la première fois ici à un public. De fait, ces images ont été réalisées en réaction aux différentes expériences professionnelles vécues.
Ces photos montrent tout autre chose qu’un paysage à l’esthétique classique. Elles ne présentent pas d’images du littoral, pas d’activités artisanales, pas non plus de paysages de l’intérieur, paysages connus car déjà vus, mais des parcelles de paysage reconnues car vécues. C’est comme l’envers du décor. L’esthétique de cette série n’est pas homogène. Elle est parfois habituelle, d’autres fois décalée en fonction du sujet photographié, ou pas du tout, et vice et versa. Il n’y a pas de volonté esthétique prédéterminée.
Les photographies que nous allons maintenant visionner ne prétendent pas couvrir toutes les possibilités de représentation d’un paysage local ; pour autant on peut dire qu’elles présentent un parcours professionnel étroitement lié à une histoire personnelle. Ne pas vouloir ou pouvoir tracer des sillons profonds et réguliers d’une pratique professionnelle peut sans doute s’expliquer par le fait d’un parcours et d’une pratique autodidactiques intrinsèquement liées au terrain. L’exercice reste sans doute incomplet, mais pour citer Howard Becker, « l’incomplet n’est pas un crime », « il fait partie intégrante de la représentation. »Volontairement, les séries ont été mêlées les unes aux autres, sans indiquer de quelles pratiques et de quel contexte elles relèvent : le diaporama qui va suivre rend ainsi compte du passage fréquent, voire quotidien, d’un monde, d’un paysage à un autre.
Lire A pas grand chose sur son blog myspace
l'article A quoi ça sert? a été ecrit en vue d'une participation au colloque de sorèze, lequel a été repoussé. http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendId=403613855&blogId=469809099
dimanche 31 janvier 2010
mercredi 13 janvier 2010
Eveline Pinto, Venise, été 2009. En revenant de la Biennale.
Eveline Pinto
Venise, été 2009
En revenant de la Biennale
Comme tout ce que vous faites, Monsieur, votre Cygne est une idée. Comme toutes les idées vraies, il a des profondeurs. Ce cygne dans la poussière a sous lui plus d’abîmes que le cygne des eaux sans fond du lac de Gaube…
(Victor Hugo à Charles Baudelaire, 18 décembre 1859, de Hauteville House)
Venise, nouveau look. Les ressources de la Ville ne sont ni le gaz ni le pétrole, mais un passé artistique glorieux faisant d’elle l’un des hauts lieux de l’attraction touristique. En 2009, l’instrumentalisation de l’un des plus beaux sites du monde à des fins qui n’ont plus avec l’art qu’un rapport nominal s’effectue à ciel ouvert. Pas question d’admirer les dentelles de pierre et les stores tendus entre quadrilobes et rinceaux des fenêtres gothiques ou, à l’angle du Palais des Doges et du Pont des Soupirs, L’Ivresse de Noé, adorable sculpture du XV°siècle. « La publicité la plus vulgaire du monde », au dire du ministre italien de la Fonction publique, Renatto Brunetta (1) , celle de la campagne Sisley, marque de prêt-à-porter affiliée au Groupe Benetton, réhabille la façade sur une bonne partie de sa largeur et toute sa hauteur. Ce qui « crée l’événement », c’est le heurt chic et choc avec des « images fortes et provocatrices » comme disent les fervents de la culture pub, photos de mannequins amaigries et languides, qui, dans cette braderie des trésors patrimoniaux au bénéfice d’une marque, « communiquent » au passant l’agressivité gagnante-gagnante de la « griffe ». Le Maire de Venise, Massimo Cacciari, justifie cette publicité par la nécessité d’un sponsorat privé pour financer une rénovation du pont de l’Académie en faveur des handicapés, évaluée à cinq millions d’euros. Cinq millions d’euros qu’est-ce, quand on sait ce qu’un chef d’État européen dépense en frais de déplacements et de représentation ! Pour cette somme, donc, la privatisation de l’espace public et la métamorphose du palais ducal en support publicitaire géant. Ce choix qui manifeste la collusion d’intérêts politiques et économiques, trahit le mépris du Pouvoir (l’Italie n’étant pas seule en cause) à l’égard de la vie intellectuelle et culturelle.
Lire la suite sur Pierre Bourdieu un hommage http://pierrebourdieuunhommage.blogspot.com/2010/01/eveline-pinto-venise-ete-2009-en.html
dimanche 10 janvier 2010
pdf: Travail, genre et art, Les documents de travail du Mage n° 13
Travail, genre et art
Les documents de travail du Mage n° 13
Actes de la journée d'études du Mage qui s'est tenue à Paris
le 21 novembre 2008
http://www.mage.cnrs.fr/pdf/DocWMageprWeb/DocW13.pdf
Les documents de travail du Mage n° 13
Actes de la journée d'études du Mage qui s'est tenue à Paris
le 21 novembre 2008
http://www.mage.cnrs.fr/pdf/DocWMageprWeb/DocW13.pdf
dimanche 3 janvier 2010
Art et mesure (2), Revue Histoire & Mesure, vol n° volume XXIV – n°1

Présentation de l'éditeur
Deuxième volet d'une thématique consacrée à l'Art et à la
mesure, ce numéro s'attache à mesurer l’environnement de la production artistique.
À travers l’étude du milieu des critiques d’art contemporain, P. François et V. Chartrain s’intéressent au suivi de leur carrière, souvent tiraillée entre leur métier et leur propre vocation littéraire. Deux autres articles s’appuient sur l'analyse des réseaux pour étudier l'institutionnalisation du monde de l'art : le premier (B.-O. Dozo) montre comment les liens tissés entre les animateurs de la vie littéraire
francophone en Belgique contribuent à faire de ce milieu un sous-champ de la littérature belge, le second (K. Hamou) analyse, à travers la pratique du featuring, l'émergence et la stabilisation d'un monde social du rap en France. Un quatrième porte sur les savoirs et les savoir-faire de la construction du bâti dans la France médiévale (M. Wolfe), s'interrogeant sur les rapports entre les différentes strates de l’histoire des sciences, sur la variété et pesanteur des pratiques héritées
du passé dans l’architecture et la conception de la construction des agglomérations, sur les apports des artistes et, enfin, sur la tendance à la rationalisation dont font preuve des pouvoirs publics au pouvoir croissant.
Le premier des trois articles (M. Brejon de Lavergnée) de Varia centre son objet sur l’étude d’un milieu social, les congrégations du début du xixe siècle ; il s’agit moins ici de voir comment ce milieu se constitue, que de tenter de le « déconstruire », en montrant, grâce à l’analyse relationnelle, son hétérogénéité et comment il a pu servir à des stratégies diverses (d’ordre politiques ou professionnelles). T. Jaulin porte son attention sur le rôle joué par les émigrés et leur statut dans l’élaboration du Pacte national libanais, en insistant sur le rôle essentiel des statistiques
démographiques dans l'élaboration du compromis socio-politique. Sur ce thème de l'usage de la mesure, Y. Rumpala se penche sur la question du développement durable et sur la construction de ses indicateurs, montrant en quoi cette démarche, éminemment politique, conduit à de nombreux allers-retours entre connaissance et action publique et à des modifications dans la production des données chiffrées.
SOMMAIRE
Pierre François & Valérie Chartrain – Les critiques d’art contemporain. Petit
monde éditorial et économie de la gratuité / Contemporary Art Critics. The
Small World of Art Magazines in the Free-of-Charge Economy
Björn-Olav Dozo – Sociabilités et réseaux littéraires au sein du sous-champ belge
francophone de l’entre-deux-guerres / Sociability and Literary Networks
within the Subfield of the Belgian French Interwar Period
Karim Hammou – Des raps en français au « rap français ». Une analyse structurale
de l’émergence d’un monde social professionnel / From French Rapping to « French Rap ». A Structural Analysis of the Emergence of a Social and Professional World.
Michael Wolfe – Urban Design Traditions and Innovations in France, 1200-
1600 / Traditions et innovations dans le dessin d’urbanisme en France, 1200-1600.
Varia
Matthieu Brejon de Lavergnée – Mythes politiques et analyses de réseau. La
Congrégation à Paris sous la Restauration / The French Congregation. A
Network Analysis of a Political Myth
Thibaut Jaulin – Démographie et politique au Liban sous le Mandat. Les émigrés,
les ratios confessionnels et la fabrique du Pacte national / Demography
and Politics in Lebanon under the Mandate. Emigrants, Confessional Ratios and the Making of the National Pact
Yannick Rumpala – Mesurer le « développement durable » pour aider à le
réaliser ? La mise en indicateurs entre appareillage de connaissance et
technologie d’accompagnement du changement / Measuring « Sustainable
Development ». The Setting Up of Indicators, between Knowledge Apparatus
and Technology to Support Change.
Compte rendu de Martine Cocaud.
http://histoiremesure.revues.org/
mercredi 30 décembre 2009
Jean Burgos, Apollinaire et « L’Enchanteur pourrissant »

Jean Burgos
Apollinaire et « L’Enchanteur pourrissant »
Éditions Calliopées
Présentation de l'éditeur
L’Enchanteur pourrissant est le premier ouvrage qu’Apollinaire devait faire publier : une oeuvre singulière à laquelle il allait accorder un statut particulier jusqu’à la veille de sa mort en 1918. De cette oeuvre on ne connaissait jusqu’alors qu’une première ébauche parue en revue en 1904, et le texte publié par Henry Kahnweiler illustré de bois gravés d’André derain en 1909.
Or voici qu’un manuscrit, le premier, après bien des péripéties, allait réapparaître, comme aussi divers feuillets autographes et des carnets longtemps gardés sous le manteau. il devenait possible dès lors de porter un regard nouveau sur cette création, matrice de l’oeuvre à venir, qui vient éclairer d’autre façon la genèse et le cheminement de la poétique apollinarienne.
Car L’Enchanteur pourrissant n’est pas seulement l’ouvrage, sans cesse retravaillé, qui devait accompagner Apollinaire jusqu’à l’heure de « La Chanson du mal-aimé ». il est aussi le creuset de toute la poétique apollinarienne, et ses traces se retrouveront jusque dans les toutes dernières œuvres du poète, alors même qu’il songeait à en faire une nouvelle publication.
Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité de l’édition de L’Enchanteur pourrissant établie par Jean Burgos en 1972, qui obtint le prix de l’édition critique. Il vient renouveler et enrichir les études sur l’exceptionnelle créativité d’Apollinaire à travers l’un des textes fondateurs de sa poétique.
Jean Burgos, Professeur émérite des Universités, Président honoraire de l’Université de Savoie (Chambéry), est spécialiste de poïétique (poésie et imaginaire). Après des études de philosophie, de psychologie et de lettres aux Universités de Grenoble, Lyon et Paris-Sorbonne, il a obtenu un Doctorat d’État (Sorbonne) en 1979.
Il a enseigné dans diverses Universités européennes en même temps qu’à l’Université de Savoie où il a été Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines avant d’être élu Président en 1994.
Jean Burgos anime par ailleurs des colloques et séminaires de recherche sur l’imaginaire, ses implications et ses applications à l’innovation comme à la création.
Directeur-fondateur de Circé (Cahiers de Recherche sur l’Imaginaire), il a été Président de l’éditorat des Lettres modernes (Éditions des Lettres modernes Minard) jusqu’en 2007.
Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont La Poétique et l’Imaginaire (Seuil, 1982) et de plus d’une centaine d’articles sur la poésie et la création dans tous ses états.
Prix de la recherche, Grenoble, 1953.
Prix de l’édition critique, Paris, 1972.
http://www.calliopees.fr/
Libellés :
Apollinaire,
Burgos
mardi 29 décembre 2009
Bryan Stanley Johnson, Les Malchanceux

Les Malchanceux
Bryan Stanley Johnson
Préface de Jonathan Coe
Traduit de l'anglais par Françoise Marel
Quidam éditeur
Présentation de l'éditeur
Envoyé dans une ville des Midlands, un rédacteur sportif se retrouve confronté aux fantômes de son passé dès sa sortie de la gare. Le souvenir de l'un de ses meilleurs amis, Tony, trop tôt emporté par un cancer, vient à hanter son esprit tandis qu'il doit se plier, comme chaque semaine, à la routine de son labeur : écrire un article sur un match de football.
Légendaire par la forme « expérimentale » qu'il adopte pour traiter de l'idée de chaos et du fonctionnement erratique et discontinu de la pensée, Les Malchanceux est un incunable des années 60, salué dès sa sortie comme un événement, et sans aucun doute le chef-d'œuvre de B.S. Johnson. Serti dans l'écrin d'une boîte, ce « livre disloqué » est constitué de «cahiers» non reliés, 27 sections susceptibles d'être brassées comme des cartes et lues dans l'ordre que le hasard offrira au lecteur, exception faite du premier et dernier « chapitres » intitulés comme tels.
Elégie et roman de l'amitié, Les Malchanceux est aussi une magnifique méditation sur la mort comme un portrait sans complaisance de son auteur, le tout empreint d'humour noir.
Avec quarante ans de retard, le lecteur francophone peut enfin découvrir cette œuvre d'une originalité absolue.
L'auteur
Fils d'un magasinier et d'une barmaid, Bryan Stanley Johnson est né le 5 février 1933 à Hammersmith et, à l'exception de la guerre durant laquelle il a été évacué, a vécu à Londres presque toute sa vie. Marié à Virginia Ann Kimpton, il est le père de deux enfants.
Ses autres romans sont Travelling People (pour lequel il a obtenu le Gregory Award en 1962), Albert Angelo (1964), Chalut (prix Somerset Maugham en 1967), The Unfortunates (1969), R.A.S. Infirmière-Chef (House Mother Normal, 1971) et See The Old Lady Decently Buried (1975), publié posthumément. Outre deux volumes de poésie, il est aussi l'auteur de nouvelles et de pièces de théâtre. Il a également travaillé pour la télévision et le cinéma.
B.S. Johnson s'est suicidé le 13 novembre 1973
écoutez l'Atelier littéraire de Pascale Casanova à propos de ce livre http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/atelier-litteraire/index.php?emission_id=49
Libellés :
Johnson,
Les Malchanceux
dimanche 20 décembre 2009
à paraître: Robert Walser, Au bureau et Petite Prose
Avec ces deux nouvelles traductions l'oeuvre de Walser est presque complète en langue française.

Robert Walser, AU BUREAU. Poèmes de 1909, traduction de Marion Graf, édition bilingue. Eaux-fortes de Karl Walser. Éditions ZOÉ
Présentation de l'éditeur
En 1909, à Berlin, alors que ses romans valent à Robert Walser un début de gloire, son éditeur Bruno Cassirer fait paraître un recueil de ses poèmes, quarante en tout, illustrés d’eaux-fortes du peintre Karl Walser, frère de l’auteur. Ces poèmes, écrits dix ans auparavant, sont pour certains les premiers textes de Walser à avoir été publiés, en 1898, dans les pages du quotidien bernois Der Bund. Première dans l’œuvre, cette poésie d’un jeune homme de vingt ans a déjà l’intensité musicale, la tonalité de ferveur douloureuse et espiègle inimitable qui caractérise Walser. Cent ans après leur publication, il était temps de les donner à lire ces poèmes au lecteur français, dans une édition bilingue.
Né à Bienne en 1878 et mort à Hérisau en 1956. Robert Walser est l’un des grands écrivains de langue allemande du XXe siècle.
Traduction de Marion Graf

Robert Walser, Petite prose, traduction de Marion Graf. Éditions ZOÉ
Présentation de l'éditeur
Petite Prose, publié en 1917, illustre de manière exemplaire cette période charnière de la vie de Robert Walser que sont les années « biennoises », après Berlin, avant Berne. Dans ces vingt-et-un textes de longueur inégale, Walser explore avec jubilation tous les registres de la prose brève, entraînant le lecteur dans un pas-de-deux débridé qui annonce déjà la virtuosité des proses tardives. Mêlant l’autobiographie et la fiction, il fait miroiter une vivante galerie de portraits, réels ou imaginaires, et des petites farces burlesques, alternant la satire mordante et une vibrante méditation sur le néant pour conclure avec une prose plus ample, «Tobold», évocation pleine de magie et de malice de son expérience de laquais dans un château de Silésie...
Né à Bienne en 1878, Robert Walser est l’un des grands écrivains de langue allemande du siècle dernier. A Berlin, où il vit de 1905 à 1913, il publie trois romans qui lui valent l’admiration de Kafka et de ses pairs. Mais toute sa vie, et surtout après son retour en Suisse, à Bienne, puis à Berne, Walser pratique le genre où il se révélera insurpassable : la prose brève.
Postface de Peter Utz
Traduction de Marion Graf
http://www.editionszoe.ch/

Robert Walser, AU BUREAU. Poèmes de 1909, traduction de Marion Graf, édition bilingue. Eaux-fortes de Karl Walser. Éditions ZOÉ
Présentation de l'éditeur
En 1909, à Berlin, alors que ses romans valent à Robert Walser un début de gloire, son éditeur Bruno Cassirer fait paraître un recueil de ses poèmes, quarante en tout, illustrés d’eaux-fortes du peintre Karl Walser, frère de l’auteur. Ces poèmes, écrits dix ans auparavant, sont pour certains les premiers textes de Walser à avoir été publiés, en 1898, dans les pages du quotidien bernois Der Bund. Première dans l’œuvre, cette poésie d’un jeune homme de vingt ans a déjà l’intensité musicale, la tonalité de ferveur douloureuse et espiègle inimitable qui caractérise Walser. Cent ans après leur publication, il était temps de les donner à lire ces poèmes au lecteur français, dans une édition bilingue.
Né à Bienne en 1878 et mort à Hérisau en 1956. Robert Walser est l’un des grands écrivains de langue allemande du XXe siècle.
Traduction de Marion Graf

Robert Walser, Petite prose, traduction de Marion Graf. Éditions ZOÉ
Présentation de l'éditeur
Petite Prose, publié en 1917, illustre de manière exemplaire cette période charnière de la vie de Robert Walser que sont les années « biennoises », après Berlin, avant Berne. Dans ces vingt-et-un textes de longueur inégale, Walser explore avec jubilation tous les registres de la prose brève, entraînant le lecteur dans un pas-de-deux débridé qui annonce déjà la virtuosité des proses tardives. Mêlant l’autobiographie et la fiction, il fait miroiter une vivante galerie de portraits, réels ou imaginaires, et des petites farces burlesques, alternant la satire mordante et une vibrante méditation sur le néant pour conclure avec une prose plus ample, «Tobold», évocation pleine de magie et de malice de son expérience de laquais dans un château de Silésie...
Né à Bienne en 1878, Robert Walser est l’un des grands écrivains de langue allemande du siècle dernier. A Berlin, où il vit de 1905 à 1913, il publie trois romans qui lui valent l’admiration de Kafka et de ses pairs. Mais toute sa vie, et surtout après son retour en Suisse, à Bienne, puis à Berne, Walser pratique le genre où il se révélera insurpassable : la prose brève.
Postface de Peter Utz
Traduction de Marion Graf
http://www.editionszoe.ch/
Inscription à :
Messages (Atom)