lundi 21 mai 2012

en ligne: COnTEXTES n° 11 | 2012, Le littéraire en régime journalistique


en ligne: COnTEXTES n° 11 | 2012, Le littéraire en régime journalistique
 
Sous la direction de Paul Aron et Vanessa Gemis

mardi 15 mai 2012

écouter: Jean-Pierre Cometti, Qu’est-ce qu’une exposition ?

 écouter: Jean-Pierre Cometti, Qu’est-ce qu’une exposition ?
Conférence donnée dans le cadre des Lundis de la Philosophie 2011-2012
L'exposition, en art, relève d'initiatives et de pratiques habituelles mais paradoxales. Exposer revient à réinsérer dans le tissu social le produit d¹une activité qui en est détachée et qui se dérobe, par principe, aux formes d'appréciation ordinaires. Ce paradoxe est au coeur de l'autonomie artistique, des querelles et des crises du « monde de l¹art », autant que des divergences qui se manifestent au sein de la philosophie de l'art, selon que l'on y privilégie une approche ontologique ou une perspective pragmatiste. Un examen de la pratique de l'exposition, du point de vue de ce qui s'y fait jour historiquement et philosophiquement, permettra d'en interroger les enjeux implicites, dans la perspective d'une issue qui consisterait à intégrer les conditions de présentation et de réception des oeuvres à notre concept de l'art comme tel.

mardi 8 mai 2012

John Dewey, Expérience et nature

John Dewey
Expérience et nature
Traduit de l'anglais par Joëlle Zask
Présenté et annoté par Jean-Pierre Cometti
Postfacede Joëlle Zask
Gallimard
2012


Présentation de l'éditeur
John Dewey (1859-1952) est l'auteur d'une oeuvre dont le public français n'a pu encore prendre toute la mesure. La traduction d'Expérience et nature vient combler à cet égard une lacune importante. C'est sans nul doute en effet l'une de ses oeuvres majeures. Publié en 1925 après Reconstruction en philosophie (1920) et Human Nature and Conduct (1922), Expérience et nature offre la version la plus claire et la plus systématique de son pragmatisme et de ce que Dewey nomme lui-même son "naturalisme empirique".
Il le conçoit comme la seule manière de surmonter les dualismes et les incompatibilités qui affectent l'existence collective et individuelle. A travers une réflexion critique sur 1'expérience, l'ouvrage se propose de mettre au jour les ressorts d'une pensée et d'une action orientées vers une vision compréhensive et constructive de l'existence. Il est composé de dix chapitres qui discutent successivement les rapports de l'expérience et de la méthode philosophique ; la précarité et la stabilité de l'existence ; le rapport de la nature à des fins aux moyens et à la connaissance, à la communication et au sens, à l'esprit, au Soi et au corps ; le statut des idées et de la conscience, celui de l'expérience dans la nature et dans l'art, et enfin la place des valeurs et de la pensée critique dans l'existence.
Expérience et nature n'offre aucun remède assuré contre les maux qu'il s'attache à circonscrire sous ces différents rapports ; il vise à "inspirer à l'esprit le courage et la vitalité nécessaires à la création des valeurs qu'appellent les perplexités d'un nouveau monde". 
Philosophe et pédagogue américain, John Dewey (1859-1952) est considéré comme l’un des chefs de file du pragmatisme et de la psychologie appliquée. 

dimanche 29 avril 2012

écouter: Jacques Demarcq, traducteur de l'anthologie ÉROTIQUES de E.E. CUMMINGS

écouter: Jacques Demarcq, ÉROTIQUES de E.E. CUMMINGS
Ça rime à quoi par Sophie Nauleau, 29.04.2012

ÉROTIQUES
E.E. CUMMINGS
Traduit par
Jacques DEMARCQ
Seghers
2012

Présentation de l'éditeur
Pour la première fois rassemblés dans une anthologie, les plus beaux poèmes et dessins érotiques d'E. E. Cummings, l'un des auteurs majeurs de la poésie américaine du XXe siècle, mais aussi des plus populaires. Tout au long de sa vie et au gré de ses amours tumultueuses, le génial Edward Estlin Cummings a composé des poèmes érotiques dans l'intimité de son étude. Comme l'ensemble de son oeuvre, ces textes sont marqués par une approche très novatrice, moderne, de l'écriture : les conventions syntaxiques sont bousculées, les règles typographiques bouleversées et les formes poétiques réinventées. Loin d'en faire un poète hermétique, le style de Cummings est le reflet d'une indépendance et d'une liberté de ton tout à fait remarquable pour son temps. Il n'a pas été facile pour lui de trouver des éditeurs prêts à publier la plupart des poèmes réunis ici. Chez Cummings, la chair n'est pas triste, bien au contraire : la langue est érotisée et suggère des étreintes, des ébats et des cris. Le sens et les sensations sont invoqués. La crudité des corps et de la jouissance se présentent au coeur de l'aventure poétique. 
Cette anthologie couvre quarante ans de la vie de Cummings, des années 1920 aux années 1960, reflétant les expériences du poète qui sera marié trois fois. Aussi, après les poèmes des bas-fonds des années de jeunesse, écrits depuis les boites de strip-tease de Boston ou à l'arrière du front en France, ses textes s'adressent à ses trois épouses : Elaine, Anne et Marion. Des érotiques très différentes se dégagent donc des poèmes rassemblés dans ce volume, passant de rencontres fugitives, de rapports tarifés parfois très crus comme ceux avec la « sauvage Marj », à d'autres plus émus, comme stupéfiés avec la « timide et luxurieuse» Elaine, ou encore mystiques et rageurs avec Marion, la femme qui l'accompagnera dans ses vieux jours. Toutefois, en dépit de la variété de sentiments que chacune lui inspire, jamais les femmes ne sont réduites à de simples objets de désir chez Cummings. Dans son oeuvre, l'érotisme apparaît comme une esthétique du partage, une communion avec la nature et ses cycles, une fenêtre ouverte sur le mystère de la vie. 
Edward Estlin Cummings est né en 1894 à Cambridge (Massachusetts). Étudiant à l'université Harvard, il vient en France comme ambulancier en 1917. Ses convictions pacifistes lui valent trois mois de détention à La Ferté-Macé (Orne). Cette expérience lui inspire L'Énorme Chambrée, un récit enjoué et moqueur, remarqué dès sa sortie par la critique et figurant depuis parmi les classiques. Toute sa vie, Cummings écrira des poèmes, sur l'actualité parfois et sur la vie sociale, mais plus souvent sur les thèmes éternels de la nature et de l'amour, dans un style de plus en plus novateur, bousculant les formes et repoussant les...

samedi 21 avril 2012

video: Chocolat, Clown nègre. Texte de Gérard Noiriel, mise en scène de Marcel Bozonnet



Chocolat, Clown nègre 
Texte de Gérard Noiriel, mise en scène de Marcel Bozonnet
Filmé le 23/03/2012
Description
Le premier clown noir de l’histoire, Chocolat, prend la parole pour raconter son aventure, celle d’un esclave devenu artiste de cirque. Il était temps de lui rendre l’hommage qu’il méritait. 
Né esclave à Cuba, acheté par un riche Portugais qui l’amène en Europe, Rafael de Leïos, devenu Chocolat, deviendra célèbre après sa rencontre avec un clown anglais, Foottit, qui en fait son Auguste, sa victime préférée, son nègre stupide, « battu et content » comme on le présente dans les publicités. Marcel Bozonnet réunit quatre interprètes venus du cirque, du théâtre et de la danse pour reconstituer ludiquement, mais exactement, ce que fut la vie de cet incroyable artiste talentueux luttant contre les préjugés d’une époque qui découvre le monde noir à travers la colonisation de l’Afrique. 
Chansons, poèmes, musique, danse, documents journalistiques, archives sonores et visuelles sont utilisés pour cette fresque- performance qui, à travers l’histoire de ce duo, rend aussi hommage au Nouveau Cirque qu’ils ont inventé. Au sommet de leur carrière ils ont inspiré des peintres comme Toulouse-Lautrec, des musiciens comme Debussy, des écrivains comme Samuel Beckett qui s’inspirera d’eux pour imaginer Pozzo et Lucky, les héros d’En attendant Godot. Mais de ce succès incroyable il ne restera rien à Chocolat, prisonnier de sa condition, tombé dans l’oubli et la misère. 
Crédits • Production : Walter films
Gérard Noiriel
CHOCOLAT CLOWN NEGRE
L'histoire oubliée du premier artiste noir de la scène
Bayard
2012

Présentation de l'éditeur
Jeune esclave cubain vendu à un marchand portugais, valet de ferme, groom, puis mineur à Bilbao, Rafael arrive à Paris en 1886 et s'impose rapidement comme artiste de cirque. Il fait rire les Français qui n'ont jamais vu de Noirs en devenant Chocolat, « le clown nègre », l'auguste battu par Foottit, le clown blanc. Ami de Toulouse-Lautrec, il devient l'un des personnages les plus populaires de la scène parisienne. Mais l'Affaire Dreyfus marque un coup d'arrêt dans sa carrière. Désormais le clown nègre ne fait plus rire, et Chocolat devient encombrant. Rafael meurt en 1917, dans la misère. Enterré dans le carré des indigents, il n'aura pas sa place dans notre mémoire collective, et son rôle ne sera jamais reconnu dans l'histoire du spectacle vivant. En retraçant l'itinéraire exceptionnel d'un artiste qui fut aussi danseur, chanteur et comédien, Gérard Noiriel s'interroge sur les raisons de son triomphe et de son déclin, sur les stéréotypes d'une époque qui vit de manière concomitante la naissance des actualités et de la publicité. Il décrit les combats d'un homme qui sut défendre sa dignité en jouant sur les préjugés de son temps et réhabilite ainsi celui qui a été jusqu'aujourd'hui « chocolat » dans notre histoire nationale.

jeudi 19 avril 2012

Jérémy Sinigaglia, Artistes, intermittents, précaires en lutte. Retour sur une mobilisation paradoxale


Jérémy Sinigaglia  
Artistes, intermittents, précaires en lutte 
Retour sur une mobilisation paradoxale
Préface de Lilian Mathieu
P.U.Nancy
2012

Présentation de l'éditeur
Dans la nuit du 26 au 27 juin 2003 est signé au sein de l'UNEDIC un protocole d'accord qui durcit les règles de l’indemnisation du chômage des salariés intermittents du spectacle. En quelques jours, la mobilisation prend une ampleur qui surprend aussi bien les différents observateurs que les principaux animateurs du mouvement. La « CGT spectacle » appelle à une journée de grève. Des collectifs et des coordinations se forment, se reforment ou se renforcent dans de nombreuses villes et régions de France et organisent la contestation.
Cet ouvrage, qui repose sur une enquête ethnographique menée pendant trois ans auprès d’un collectif d’intermittents en Lorraine et de la coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France, pose la question suivante : comment un groupe hétérogène (artistes, employés, ouvriers, techniciens, ingénieurs de divers secteurs du spectacle) composé de salariés précaires exerçant dans un secteur économique lui aussi précaire, parvient-il à se mobiliser et à agir collectivement ? Répondre à cette question suppose d’abord de comprendre le passage individuel à l’action collective, et pour cela de prêter attention aux ressources des intermittents et à celles que leur apportent leurs soutiens, mais aussi d’observer la manière dont ils ont pu retourner un certain nombre de conditions a priori défavorables à leur avantage. Cela implique ensuite de saisir la manière dont les individus et les groupes engagés ensemble mais aussi concurremment dans la mobilisation se dotent (ou non) d’une identité collective rassembleuse, d’une définition commune des enjeux de la lutte et d’un répertoire d’action partagé.
L’observation de cette mobilisation révèle que ni les situations de précarité que subissent les participants potentiels, ni la désorganisation de leurs secteurs d’activité, ni l’hétérogénéité du groupe a priori concerné ou du mouvement dans son ensemble ne forment en soi les conditions d’impossibilité d’une mobilisation collective ou un frein indépassable à sa réalisation. Dès lors, l’hypothèse contre intuitive qui forme le fil directeur de cet ouvrage est la suivante : non seulement la précarité, l’individualisation et l’hétérogénéité des intermittents du spectacle ne forment pas en elles-mêmes des freins à leur mobilisation, mais elles peuvent à l’inverse, paradoxalement, contribuer à remplir les conditions propices à la réussite de leur mouvement.