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mercredi 22 janvier 2014

video-audio: Gisèle Sapiro, Traduire la littérature et les sciences humaines. Conditions et obstacles


Culture croisées_débat_Gisèle SAPIRO, 12 novembre 2012 par culture-gouv
 
écouter: Gisèle Sapiro, Traduire la littérature et les sciences humaines. Conditions et obstacles
La suite dans les idées, par Sylvain Bourmeau, 22.12.2012

Traduire la littérature et les sciences humaines 
Conditions et obstacles
Sous la direction de Gisèle Sapiro
La Documentation Française
2012

Présentation de l'éditeur
Quelles sont les raisons de traduire ou de ne pas traduire une œuvre ?
Alors que les ouvrages du philosophe américain John DEWEY publiés dans les années 1920 n'ont été traduits en français qu'en 2003, quatre ans seulement séparent la parution de la Sociologie de l'Algérie de Pierre BOURDIEU en 1958 et sa traduction en anglais, mais près de vingt-cinq ans passent entre la parution de l’Amour de l’art en 1966 et sa publication aux États-Unis en 1990. L’Élégance du hérisson, un roman tout d’abord refusé par de multiples éditeurs étrangers car jugé trop « franco-français » a pourtant connu très vite un succès de librairie mondial. Comment expliquer de tels phénomènes ?
De nombreux obstacles d’ordre économique mais aussi symbolique empêchent les œuvres de circuler entre les cultures : la très inégale position des langues sur le marché mondial de la traduction et, pour chaque pays, les héritages culturels différents et leurs représentations réciproques, les traditions philosophiques et universitaires, la structuration et le développement des économies nationales du livre, mais aussi la rareté des traducteurs pour certaines langues, la difficulté de traduction, son coût, etc.
À partir d'études de cas conduites en France, aux États-Unis, au Brésil, au Royaume Uni et aux Pays-Bas et consacrées à la traduction en français ou vers une autre langue, l’ouvrage identifie les conditions économiques et culturelles de la traduction en littérature et en sciences humaines et sociales. À travers un grand nombre d'exemples singuliers, il dégage les logiques générales qui freinent ou favorisent la traduction : le rôle crucial d’éditeurs volontaristes, l’importance des dispositifs de soutien public et les logiques culturelles qui gouvernent la réception des œuvres, leur commercialisation et leur médiation dans chaque pays.
Gisèle SAPIRO a dirigé les recherches qui ont permis l’édition de cet ouvrage. Elle est directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS. Elle dirige le Centre européen de sociologie et de science politique. Spécialiste de sociologie des intellectuels, de la littérature, de la traduction et des échanges culturels internationaux, elle est notamment l’auteure de La Guerre des écrivains, 1940-1953 (Fayard, 1999) et de La Responsabilité de l’écrivain. Littérature, droit et morale en France XIXe-XXIe siècle (Seuil 2011).

jeudi 25 juillet 2013

vendredi 23 novembre 2012

Sophie Noël, L'édition indépendante critique. Engagements politiques et intellectuels

Sophie Noël
L'édition indépendante critique
Engagements politiques et intellectuels
Enssib
2012
Introduction : l’édition critique, un objet à construire
Présentation de l'éditeur
L'histoire de l’édition depuis les années 1980 ne se réduit pas à l’emprise, si souvent commentée, des grands groupes et des logiques commerciales. La période récente a également vu l’apparition de petites structures éditoriales qui revendiquent une position « critique » et qui, pour certaines, parviennent à s’inscrire dans la durée en dépit des nombreuses difficultés économiques qu’elles rencontrent. 
Sophie Noël a mené une enquête approfondie sur ces éditeurs « indépendants », dont elle restitue les résultats dans cet ouvrage. Elle a étudié une trentaine de maisons d’édition qui, apparues entre 1985 et 2005, publient principalement dans le domaine de la critique sociale et s’emploient à concilier les exigences de l’excellence intellectuelle et de la radicalité politique. L’analyse s’attache notamment à l’économie, souvent très précaire mais à forte portée symbolique, de ces petites structures. Qui sont ces éditeurs qui incarnent la résistance à une certaine marchandisation de la culture ? Dans quelle mesure leur catalogue se démarque-t-il de ceux des grosses maisons et des grands groupes ? Comment expliquer leur « vocation » et leur dévouement aux valeurs fondatrices de l’édition ? À quelles conditions les plus heureux d’entre eux parviennent-ils à survivre ? 
Cette analyse, au-delà de sa contribution à la sociologie de l’édition, livre des clés pour comprendre les mutations et les contradictions contemporaines des secteurs culturels et réfléchir aux stratégies de résistances qui peuvent être déployées face à la montée en puissance de la rationalité marchande. Sophie Noël enseigne la sociologie à l’université Paris 13 (Master Politiques éditoriales) et à Paris 1. Elle poursuit actuellement des recherches sur les enjeux de l’indépendance dans les industries culturelles.